m à j 13 mai 2026
La confusion de la personne avec son comportement
Il y a des comportements qui collent à la peau. Par exemple un tueur en série, un.e pompier qui sauve vies après vies, une personne qui cogne sa conjointe à défaut de savoir dissiper autrement ses émotions dérangeantes…
Est-ce la raison pour laquelle, au lieu de dire « une personne qui a commis un meurtre » on dit « c’est un assassin » ?
Est-ce la raison pour laquelle quelqu’un menant une vie tout à fait banale mais a consacré une minute de sa vie à sauver une autre vie au péril de la sienne, est appelé « un héros » ?…
Peu importe qu’on dise « il s’est comporté en héros ce jour là » ou qu’on dise « il est un héros ».
Pareil avec un assassin / un meurtre ; un criminel / un crime ; une victime / une situation dans laquelle on est lésé… : le rôle joué ou subi, à moment donné, ne définit pas une personne.
Dans tous mes textes, un rôle n’essentialise jamais quiconque.
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Les rôles, lorsqu’ils collent à la peau, pourraient être liés à un manque de limites personnelles et d’estime de soi :
> se faire volontiers abuser peut être lié à une non reconnaissance de nos limites et de nos besoins.
> vouloir régenter le monde peut être lié au déni du périmètre d’autrui,
> jouer les héros peut être lié à un besoin exacerbé de reconnaissance de notre propre valeur.
L’héroïne, le #persécuteur
Le #héros libère, sauve, rétablit la justice…
Mais qu’est-ce que la liberté, que la justice ? Ces thèmes sont traités dans d’autres pages. Nous nous intéressons ici au rôle de sauveur / héros.
Des héros nous ont libéré, au sein de ce qui ressemble à un scénario.
Par exemple, le « libérateur » américain de la France en 1945, nous a apporté sa culture, son agriculture intensive. Comme si c’était planifié de longue date (quand on regarde quelles entreprises ont financé la guerre).
Un héros libère-t-il, ou enferme-t-il dans son nouveau règne ?
Étant donné que l’extrême capitalisme enrichit quelques personnes -tout en ruinant progressivement des milliards de gens-, nous traversons une insatisfaction massive, pouvant déboucher sur des instabilités. Ces instabilités peuvent déboucher sur une dictature (si la colère se déverse là où les manipulateurs de l’information réussissent à faire passer des vessies pour des outres).
L’Histoire a montré, à coup de millions de mort.e.s, que l’adoration de héros peut mener à des dictatures violentes.
Croyez vous que les gens qui ont élu le dictateur en Allemagne, au siècle dernier, étaient plus bêtes que les gens d’aujourd’hui ? Probablement pas.
Le mythe du sauveur est un fléau dont la leçon n’est pas encore comprise par tous.
A nous d’incarner un mondes fraternel et sororal, si tel est notre souhait*. Nul besoin d’un label de héros pour être ou pour agir.
(*Toutefois, avant de souhaiter ériger un modèle de société pour tous, cf. le chapitre sur les utopies).
Le mythe du héros exalte l’envie de liberté d’un peuple, mais ne rapproche personne de sa propre liberté.

Lorsque l’on croit que la paix se gagne par la #guerre, qu’obtient-on ?
La paix, un trophée inutile, et/ou quoi d’autre ?
Lorsque l’on croit que l’éveil spirituel s’obtient par la guerre en soi-même, qu’obtient-on ?
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L’injonction à l’invulnérabilité pour être « un dur » (le machisme, la dévotion absolue au travail, le conformisme exacerbé, la gloire autour des héros de guerre et des combattants… tout cela tend à cliver nos réactions :
° soit à taire nos souffrance, par honte de ne pas être perçu comme un gagnant, à être moqué.e à cause de la sensibilité émotionnelle…
° soit à se réclamer victime, pour se venger (ou être indemnisé, à l’issue d’un combat juridique), et pour se disculper de ne pas avoir été un.e gagnant.e.
Le raisonnement simpliste revient à se dire » si c’’est la faute au préjudice subi, mon rôle de gagnant n’est pas remis en question ».
Mais nous pouvons dès à présent relâcher l’injonction au paraître conformiste, et découvrir notre être, et nos vraies forces.
Les persécuteurs (ou #bourreaux)
Notre société appelle de tous ses vœux les persécuteurs, bien qu’officiellement elle les méprise, renie, exclue, condamne… C’est un vœu souvent inconscient : le vœu qu’intervienne un héros −tout comme dans un film, il y a besoin de « méchants » pour créer le scénario dualiste.
L’amour et la fraternité ne requièrent pas de postures héroïques.
Sauveteur ou #sauveur ?
La sauveteuse, le sauveteur, le.la #secouriste, ont un rôle aidant sensé : venir en aide à une personne qui ne peut (provisoirement) pas se secourir elle-même.
Par exemple : secourir les accidenté.e.s. L’aide prodiguée par le sauveteur est ponctuelle : elle répond à un besoin clair, et exprimé si possible.
Au contraire, le rôle de sauveur revient à ignorer les capacités de la victime à se relever, puis à l’aider au delà du besoin réel, de manière inadaptée, ou sans prendre en compte ses propres ressources. C’est se croire un.e sauveteur, sans agir comme tel.le.
Le plus souvent, nous avons besoin d’apprendre à nous sauver nous-mêmes ; et encore, je nuance :
probablement, ce dont nous avons besoin est :
de ressentir et de ne pas rejeter notre expérience de vie, pour poser un regard adapté sur la situation, et grâce à cela, apporter une réponse compatible avec la vie.
Le #rôle de sauveur existe à grande échelle. Par exemple certaines aides internationales apportées sous forme de nourriture plutôt qu’en aides au développement de multiples petits acteurs économiques locaux.
Cette précaution de ne pas aider à tort et à travers n’est pas un appel au chacun pour soi, pas plus qu’un appel à voter néo-libéral. C’est une invitation à créer un tissu humain plus épanoui et plus solidaire, sans verser dans la co-dépendance pathologique ni l’asservissement à de faux héros (institutions, personnages publics, intelligences artificielles et technologies diverses).
Aider est l’une des plus belles aptitudes d’un être vivant, mais aider nécessite une véritable compréhension du besoin et des limites (d’autrui, de nous).
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Si nous sommes souvent témoin de situations impliquant victime et sauveur, nous pourrions nous demander :
° y a‑t-il quelque chose ou quelqu’un dont nous aimerions secrètement être sauvé.e ?
° y a‑t-il quelqu’un, ou une partie de nous-mêmes, que nous aurions jadis laissé.e blessé.e, sans lui porter secours ?
° nous attachons-nous à des films, livres, actualités, amis, qui nous donnent leurs réponses (dépendance), ou cherchons-nous nos propres réponses (#autonomie) tout en coopérant volontiers ?
Du sauveur-persécuteur à la juridiction pénale :
#triangle