L’ego. Le récit. La famille. La surpopulation ?
Attention cette page expose des idées potentiellement remuantes.
Lecture déconseillée à toute personne traversant une dépression.
L’EGO
L’ego
m à jour 16 mai 2026
L’ego est un mot pour désigner la partie de notre être qui pense/dit/ressent « je… »/ »je suis… »/ »je fais… ». C’est un mot qui se réfère à quelque chose de plus ou moins apprécié ou détesté selon le courant idéologique qui l’emploie.
Dans de nombreuses spiritualités, l’ego est soit mauvais, soit bon une fois remis en arrière plan, soit une illusion à transcender.
En développement personnel, il est renforcé.
Dans certaines approches, l’ego n’existe pas, car la psyché est perçue comme une multitude de parts avec des besoins et objectif différents qu’il faut apprendre à harmoniser pour se sentir bien.
Par exemple, dans une situation a priori similaire,
quelqu’un dira : » j’hésite à m’engager dans plusieurs projets à la fois ou même à ne rien tenter pour le moment ».
Mais une autre personne dira « j’ai mon enfant intérieur maltraité qui ne veut pas avancer, et en même temps, j’ai mon enfant intérieur choyé qui veut tout faire ».
Une autre n’aura même pas conscience qu’il se joue un débat à l’intérieur d’elle-même.
Pour d’autres, l’ego n’est pas plus réel que notre monde lui-même (dans certaines visions mystiques et aussi dans certaines visions contemporaines du film Matrix).
Les illusions personnelles qui coïncident avec les illusions d’autrui, formeraient une illusion collective, un moule culturel, une société plus ou moins fausse.
« Le peuple » serait l’illusion collective similaire à l’illusion individuelle « ego ».
Les mensonges de la société seraient en miroir aux mensonges auxquels nous accordons du crédits, vis à vis de nous-mêmes.
A l’inverse, en renonçant à toute individualité, nous nous enfermerions dans une autre illusion : celle de nous croire relié à l’Univers/Dieu/l’Unité… mais que cela ne soit que le fruit d’un ego spirituel.
L’ego, ou les différentes parties de notre psyché, sont généralement pourvoyeurs d’une image du monde dont nous serions le centre.
Mais nous pouvons remettre en perspective ce centrage illusoire.
En faisant le choix de consacrer un chapitre à l’ego, je prends le risque de parler de quelque chose qui n’existe peut-être pas.
En désignant l’ego en soi, ou en désignant de multiples parts de personnalités, on prend le risque de se percevoir de manière fragmentée.
Ces approches ne sont que des outils, parfois utiles, parfois déstabilisants, pour tenter de nommer une partie du mystère de qui nous sommes. Mais aucune de ces visions ne répond à cette question (« qui suis-je ») à laquelle il n’y a peut-être aucune réponse verbale possible ?
Dès qu’on nomme l’ego, se pose la question : « qui suis-je » si je ne suis pas cet ego, ce narrateur en moi ?
Dès qu’on pose l’hypothèse du côté illusoire de l’ego, on court le risque de déstabiliser nos repères; Pas nécessairement pour un mieux être. A certains moments de la vie, certaines personnes ont besoin de certitudes pour survivre.
Dès qu’on pose l’hypothèse d’un moi fractionné, on se demande si on a accès à toutes les parties de nous-mêmes, et si certaines sont inaccessibles. Et les tempérament les plus inquiets peuvent aussi se demander si quelque chose ou quelqu’un nous empêche d’accéder à l’intégralité de nous-mêmes.
Donc, quitter nos repères simples à propos de nous-mêmes est comme emprunter un chemin pentu et glissant. Comme lors de tout danger psychique, une question est essentielle : quelle est notre intention profonde en questionnant tout cela ?
Je laisse à chacun.e le soin de répondre pour soi-même.
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Parmi les hypothèses, il y a aussi celle qu’un ego affaibli peut conduire à une basse estime de soi ; et une basse estime de soi peut conduire les uns à être des harceleurs, les autres à perdurer harcelés.
Une autre hypothèse est que nous allons mieux lorsque nous accomplissons une synergie corps+cœur+esprit.
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Pourquoi ne pas affirmer vraie la croyance multi millénaire que l’ego est une illusion ?
Pour ne pas brider notre exploration de nous-mêmes par nous-mêmes, à cause d’un a priori.
Si nous admettions que nous sommes une illusion par abdication de notre ego, nous prendrions le risque de remplacer cet ego par une croyance dont nous ignorerions à qui elle profite, ni pourquoi elle nous a été mise à disposition.
Si nous cherchions à tuer notre ego en croyant qu’il est rien, il se défendrait.
Je ne vois pas comment faire l’économie de prendre le temps d’observer qui nous sommes.
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S’aimer soi-même ne veut pas dire s’aliéner et adorer l’image de soi (cette adoration superficielle se nomme le narcissisme).
Croire fermement en l’image de soi serait une aliénation (en plus d’être un assujettissement au monde des apparences, alias le monde des formes).
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Ci après : mise à jour avril 2026
L’identité, les limites, la destruction
L’identité, les limites, la destruction
Pour bâtir notre #identité terrestre, individualisée, nous érigeons des barrières (peau, système immunitaire…)
Pour bâtir des nations nous érigeons des douanes, des armées, des tribunaux…
Ces barrières emprisonnent et tuent. Nous devons notre vie à la mort du non-moi.
Vivre est grisant. Mais y a-t-il un moyen de vivre sans tuer ?
La réponse à cette question fait appel à là où nous en sommes de la conscience de nous-mêmes et de la vie. Notre conscience évolue au cours de notre voyage terrestre.
La réponse vivante à cette question ne semble pas pouvoir être figée.
La réponse à cette question, ou plutôt la manière de la poser, peut s’observer depuis différents points de vue.
Lorsque nous sommes mécontents de notre vie, nous avons l’habitude culturelle d’en tenir responsable les étrangers et les microbes, de par le raisonnement simpliste suivant :
nous vivons grâce à notre peau et grâce à nos frontières.
Notre mécontentement est culturellement associé au droit de tuer.
Mais ce que le chapitre mécontentement montre, est le constat que notre mécontentement nous tue en tout premier lieu.
Ce que nous propose le cinéma, les BD, les mythes patriotiques… sont des super héros qui vainquent le mal et nous protègent.
Ce faisant, culturellement, on acquière notre contentement sans tuer nous-mêmes, simplement en se contentant de l’exploit guerrier d’autrui (personnage fictif ou historique).
Nous verrons au chapitre orgueil (page suivante), que culturellement, nous masquons nos déceptions par une illusion d’ego surdimensionné.
Par ces deux stratagèmes, nous évitons de rechercher le moyen de jouir sans détruire. Nous repoussons ainsi le défi existentiel de trouver une existence pacifique et nous raccrochons aux mythes séparateurs et aux mythes prosélytes du clan d’appartenance concurrent des autres clans humains.
Nos plis culturels nous amènent à détruire le biotope (la vie sur Terre) par habitude de détruire ce qui ne nous a pas procuré la jouissance suprême. Ensuite nous créons le scientisme : une adoration irrationnelle envers la technologie, la croyance implicite qu’en étant en sympathie avec les robots, nous serons libérés de notre condition humaine biologique naturelle.
La course à l’héroïsme et à l’image parfaite de nous-mêmes nous pousse à haïr les échecs et nous-mêmes.
Notre sentiment identitaire désagréable nous amène à créer (ou à accorder trop d’importance à)
° le non-partage,
° le vol et le crime (irrespect du non-nous)
° les tribunaux et les force armées (vengeance du vol et du crime + légalisation des violences qui arrangent le concept de nation).
° les légendes et le cinéma pour jouir par procuration,
° les pensées négatives, puis celles positives pour pas mourir des premières.
° la négligence du non-nous puis la volonté de tout régenter (pour pas sombrer avec l’énergie de négligence).
Ici, maintenant, respirons.
Qui sommes-nous vraiment ?
ego et comptabilisation
#Ego et comptabilisation
J’ai identifié la comptabilisation permanente comme l’une des causes de nos problèmes planétaires graves.
Et, sans pouvoir dire qui en est la cause ou la conséquence -probablement les deux à la fois-, la comptabilisation renforce l’ego, et l’ego permet cette comptabilisation.
Chaque cadeau, chaque coup bas, chaque euros, chaque monnaie locale comptés… ne forment pas seulement l’illusion d’un capital acquis : ils brident l’étendue de la conscience en nous ramenant constamment à une image étriquée de nous-mêmes : une image dans laquelle nous sommes un individu autonome entouré d’une frontière individuelle à partir de laquelle on mesure ce qui y pénètre ou en sort.
Une importance démesurée est accordée à l’acte sexuel, en tant que jeu autour de cette frontière.
Soi et abandon de soi
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Soi et abandon de soi
Pour certains, observer notre vie avec détachement est une étape. Une étape utile pour sortir d’une brutale identification à nos émotions, à nos réflexes post traumatiques etc.
Mais est-ce que créer cet observateur est à nouveau une identification dont il faudra se défaire ?
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Il est commun à diverses traditions religieuses et même profanes de présenter le parcours humain réussi comme un abandon progressif de l’attachement au soi, à l’ego, au profit de quelque chose de plus grand. Qu’il s’agisse du Soi dans certaines gnoses, d’un/de Dieu dans les religions (Dieu ou autre nom), d’un chef dans une vision profane, ou d’une technologie dans une vision scientiste…
Il est probable qu’il y a toujours un bénéfice à transcender l’égocentrisme étroit résultant d’une absence d’ouverture d’esprit et de cœur. Mais il semble que s’ouvrir à n’importe quoi, ou s’abandonner en n’importe quelle circonstance, est une expérience insatisfaisante si on en reste là. Témoignage :
Croire que l’école, le collège, le lycée… m’instruisaient, m’aidaient à chasser l’ignorance pour devenir un adulte rationnel responsable -comme un prof disait-, m’a apporté beaucoup, merci… mais ces institutions ne m’ont apporté aucune transcendance : plutôt une régression spirituelle.
Croire en ce que racontaient les bénévoles du catéchisme, les prêtres et les moines, m’a d’un côté permis de comprendre que l’univers rationnel était une illusion, merci ; mais d’un autre côté a apporté des visions du monde néfastes à ma santé -notamment de par leur teneur en culpabilité stérile, et peurs diverses.
Croire en ce que les médias officiels et officieux racontent conduit des milliards de personnes sur la planète à élire des représentants politiques absolument pas sages, ou à désirer les renverser par des oppositions pas nécessairement meilleures.
Croire que s’abandonner au travail dans une telle société est un acte nécessairement valable, amène souvent à rejoindre un productivisme anti écologique,
croire qu’apprendre à chanter serait trop difficile et que ce serait mieux de me taire et de me limiter à écouter la musique à la radio…
Je pourrais aussi aller chercher le harcèlement scolaire, la maltraitance de mon grand père, l’abandon de mon père, la violence policière, la violence économique, la culpabilisation des dogmes religieux, les théories matricielles, ou quoi que ce soit qui semble expliquer pourquoi je me suis senti suffisamment piétiné pour renoncer à une vie épanouie et à ma quête intérieure. Mais cela ne me mènerait probablement qu’à m’éloigner une fois de plus de mon centre existentiel.
Je pourrais lister toutes les institutions, sauveurs, et faux sauveteurs divers qui incitent à croire en leurs discours et qui rendent spirituellement et planétairement malades plus qu’ils n’aident.
Mais ce serait passer à côté de l’essentiel : ce qui est à notre portée ici et maintenant.
Quels que soient les prétextes que m’ont fournies toutes les idéologies rances qui peuplent les discours un peu partout en France (ou ailleurs probablement), là où ma santé a chuté, là où j’ai été un consommateur polluant, là où je n’ai trouvé que le désert spirituel… c’est avant tout dans l’acte de m’abandonner moi-même, de renoncer, de faire semblant.
Ce n’est pas une auto accusation : j’ai fait de mon mieux, comme toujours, à partir de ce dont je disposais (en moi ou autour).
Tout n’est pas dommageable. Par exemple, en oubliant le vrai moi, j’ai aussi mis de côté mon moi narcissique.
Je peux voir mon parcours comme une étape.
Je ne me suis jamais abandonné totalement : J’ai toujours cherché des alternatives au suicide dans mes pires moments de déprime.
Et je ne juge pas ceux ou celles qui ont mis fin à leur jour.
Plus d’exemples personnels
Ces subtils abandons de moi, ce sont par exemple ces moments où je me suis dit :
je n’ai rien de spécial à faire je vais allumer la télé ; ou
je suis fatigué, je m’assois et regarde une série ; ou
la vie est dure je mange une pâtisserie ; ou
cet interlocuteur est bouché, jamais je n’arriverai à me faire comprendre ; ou
je suis mieux dans ce travail que je déteste qu’à affronter pôle emploi une nouvelle fois pendant que je me forme à un métier vraiment désiré ; ou
puisqu’il y a un Dieu au dessus de tout cela, peu importe ce que je crois ou fais ; ou
puisqu’aucun Dieu ne me répond, je n’ai qu’à mener une vie consumériste confortable…
la liste pourrait être très longue.
Ce qu’il y a à comprendre ici, n’est pas que regarder la télé, une série, travailler, croire en une puissance supérieure… soient des mauvaises choses dans l’absolu.
Ici je fais le constat du mécanisme d’abandon de ma foi en ma vie, un mécanisme discret dans ma psyché.
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J’ai beaucoup observé mes mécanismes de fuite. Deux temporalités :
un court et moyen terme dans lequel chaque abandon a un impact délétère perceptible (consommation de sucre, attitude passive dépressive, régression physiologique…) ;
une long terme qui me permet aujourd’hui d’écrire cet article et d’avoir une vision plus large, parce que tous les échecs subis m’ont conduit à une telle souffrance que j’ai du changer.
Sans ce chemin, je serais peut-être prisonnier de mon ego dans sa forme la plus étriquée, ne comprenant de la vie que ce qu’on aurait bien voulu m’en faire croire.
(Réflexions inachevées sur le « nous »)
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(Réflexions inachevées sur le « nous »)
je = ego ?
nous = somme d’égos ?
nous = la communauté de toutes les cellules conscientes dans mon corps ?
nous = corps + conscience ?
Quid de la conscience des entités externe en soi (virus, flore commensale…) ?
Qui est le narrateur capable d’envisager sa connexion au divin : ego spirituel ou réelle communauté de conscience ?
extraits d’autres auteurs
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Extraits d’autres auteurs
«Il n’y a aucune possibilité, d’aucune sorte, de faire un acte non égoïste. Cherchez, vous n’y arriverez jamais. Et c’est là où, brusquement, l’enseignement de Swâmidji m’a sauvé.
J’ai compris tout d’un coup ce que j’ai dit aujourd’hui. Il faut entendre les mêmes choses vingt fois pour les entendre enfin pour la première fois. Mais bien sûr, pourquoi chercher à échapper à mon égoïsme?
Je ne peux pas, je n’y échapperai jamais, jusqu’au bout j’irai mendier la sagesse: « ma » sagesse, « ma » libération. Et il s’est opéré un lâcher-prise intérieur, une acceptation de cette vérité. Eh bien oui, je suis égocentré, mais il y a un chemin de libération qui consiste à considérer l’univers entier sans exception comme moi-même.
Alors le sens de la séparation peut tomber, le sens de l’égo individualisé s’effacer. Une certaine forme de conscience se volatilise avec la découverte de l’unité ou de la non-dualité. Et je me suis appuyé sur cette phrase de Swâmidji:
« Le Sage n’agit que pour lui, ne fait rien que pour lui et ne s’intéresse qu’à lui, mais TOUT EST LUI, il n’y a plus de séparation, rien ne lui est étranger, tout fait partie de son monde, tout ». Cette affirmation ne doit pas rester de vaines paroles.»
Arnaud Desjardins dans « La voie du coeur »
La création de l’ego (réflexions inabouties)
La création de l’ego (réflexions inabouties)
Quel est le rôle de l’entourage éducatif dans la création de l’ego ?
Quel incidence a l’attention portée par les parents qui personnifient souvent énormément l’être qui est issu de leur corps ?
Quelle incidence de focaliser l’attention sur l’enfant parfois en contradiction avec la négligence sur sa propre vie ?
Quelle incidence des politiques et dogmes familiaux qui incitent à centrer toute la considération pour une cellule familiale au prix parfois de n’avoir plus aucune empathie pour le reste du monde ?
Pages 32 à 35 d’un livre d’inspiration #bouddhiste « Le bonheur est entre vos mains » de Dzigar Kongtrul Rinpoché (cliquer)
Pages 32 à 35 d’un livre d’inspiration #bouddhiste « Le bonheur est entre vos mains » de Dzigar Kongtrul Rinpoché



« Une vidéo pour trouver le sens de votre vie (#Jung) ». Auteur « Le #Dolmen ».
« Une vidéo pour trouver le sens de votre vie (#Jung) ». Auteur « Le #Dolmen »
(NB. Je n’ai pas lu le livre plébiscité dans la vidéo)
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Le récit / le narratif culturel (première partie)
Le récit / le narratif culturel
Le récit
Un roman, une série, une #fable… sont des récits qui assument d’être ce qu’ils sont. Mais les récits qui se font passer pour « ce qui va de soi » ou « la réalité » sont nombreux.
Quelques aspects du récit
Le mental croit que le connu va se reproduire, il stocke donc un récit du connu (alias des souvenirs réarrangés. (Cf. les théories selon lesquelles l’âme ne serait qu’une mémoire d’incarnations -et non pas notre Essence-).
Écouter le mental revient à croire en notre récit de vie.
Mais ne pas l’écouter, si c’est pour croire que refaire exactement la même chose donnera un résultat différent, ne semble pas judicieux.
L’Éducation Nationale est gardienne et promotrice d’un récit ; et l’éducation en famille d’un autre récit.
Être en retard, faire confiance (ou se méfier) des personnes avec un grand patrimoine, ou des personnes économiquement pauvres, c’est la conséquence d’une croyance en un récit.
Le temps semble être une composante du #récit.
Enfanter est une réalité de ce monde ; nourrir, protéger, être attentif à un enfant sont des actes ; mais se dire maman, papa, cousine frère… sont des récits.
Se croire dans le vrai (ou dans le faux) est un récit.
Se dire ami, ou amant, ou mari ou femme, est un récit.
Un ami.e qui nous trahit, est-il en train de faire autre chose que de changer le récit auquel nous croyions ?
Que c’est agréable de partager un récit ! C’est souvent ressenti comme un bonheur d’être compris et accepté en présence d’un.e ami.e.
Mais s’agit-il vraiment de l’acceptation de qui nous sommes, ou d’une participation temporaire à un même récit ?
Avoir un pénis, une vulve, ou autre, est un constat dans le domaine de ce qui est observable et palpable. Ensuite, se genrer avec il, elle ou iel, est un récit.
Se croire légitime est un récit.
Se croire légitime à haïr les gens différents de nous n’est qu’un cas particulier de ce genre de récit.
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Ce que je pense est un récit, ce que j’exprime à partir de ma pensée est un récit à partir d’un premier récit ; et ce que tu comprends d’un auteur, ou d’un interlocuteur, est encore un nouveau récit.
L’orgueil est un gardien du récit personnel.
Les lois, l’État, les organisations confessionnelles, sont les gardiens d’un récit plus vaste.
Les vastes récits peuvent organiser une société dans laquelle chacun.e peut trouver un rôle interactif qui respecte son propre récit, le récit d’autrui, et le récit collectif.
Mais (cf. le chapitre sur les utopies), quel humain est vraiment capable de créer un récit durable et satisfaisant pour tous ?
Le libéralisme économique était supposé être le récit par excellence qui respecte le récit de chacun (chacun pouvant faire ce qu’il lui plaît, tant qu’il en a les moyens -moyens qui étaient supposés être acquis légitimement grâce au Dieu « libre marché » aidé de son récit publicitaire).
L’observation de la réalité montre une opposition entre le récit (le mythe, le rêve américain) et la réalité :
une stabilité partielle et éphémère qui repose sur une iniquité profonde et des ravages du biotope.
NB. j’ai conscience de critiquer la branche sur laquelle je suis assis : je jouis du rôle de celui qui peut acheter l’appareil photo et la voiture bourrés d’électronique. Mais quel autre humain a fabriqué ces composants, et dans quelle législation du travail ou quelle absence de bientraitance au travail, et dans quelle absence de respect environnemental ?
Si je veux être cohérent avec mon récit de justice et de respect du biotope, je dois plus sévèrement boycotter de nombreux produits de mon quotidien.
Existe-t-il un devoir moral ? Cf. ci après.
Le récit / le narratif culturel (deuxième partie)
Cette précédente réflexion m’amène à préciser que les injonctions, les ordres donnés à autrui ou à soi-même, le sont vis à vis d’un récit que l’on considère réel et impératif en lui-même.
Sans sacralisation d’un récit : aucune motivation à (se) donner des ordres.
Ce constat est repris par les tyrans aimant faire croire que « sans ordres (ceux du tyran seulement), point d’ordre ».
Cependant, les tyrans s’appuient généralement sur un récit religieux, sous-entendant qu’un ordre divin existe, et qu’ils n’en sont que le serviteur.
Une fable.
Un récit opposé à la tyrannie, au fascisme, est la croyance de nombreux philosophes en la raison : celle-ci est supposée structurer nos actes et rendre chaque être autonome, une fois doté d’une méthodologie cognitive lui évitant le chaos personnel.
Mais cela présuppose que la pensée et la conscience seraient produites par notre corps (notamment le cerveau) et cela est controversé.
Un autre récit d’opposition est le New-âge -et l’idée que nous sommes tous Dieu en devenir (je commente plus subtilement le New-âge dans un chapitre à paraître).
Un récit relativement récent est celui de l’intelligence artificielle qui devrait être aux commandes de tout -dans le déni que nous ne sommes pas des machines, et que la machine est dépendante de ses concepteurs.
Très souvent, le discours d’opposition à un tyran est un autre discours tyrannique ; un discours explicite ou larvé.
Exemples de discours explicite : un empereur qui veut détrôner une noblesse, un État totalitaire juridictionnel qui veut détrôner un empereur.
Un tribunal international qui veut débouter une Justice étatique.
Exemples de discours à la tyrannie larvée :
° la télévision, supposée apporter facilement la culture partout, mais qui permet à quelques acteurs privilégiés de contrôler le récit subjectif servi au plus grand nombre.
° les militants qui -au nom d’un idéal apparemment sain- versent dans la censure de ce qui leur déplaît.
Ceci étant dit, je viens de m’autocensurer, de ne pas citer d’exemples précis de militants de la censure, car je constate que leurs idéaux m’affectent. J’ai encore des contradictions internes à explorer : pourquoi ai-je si peur de leur récit normatif, tandis que je prétends me rendre compte du côté #illusoire de tout récit ?
A propos de censure, cf. la réflexion de Coluche : « la dictature c’est ferme ta gueule ; et la démocratie c’est cause toujours ».
Les récits collectifs qui tentent de s’imposer appellent généralement à haïr les personnes perçues comme des ennemies de l’organisation sociale -laquelle est décrite comme permettant à des millions de personnes de vivre. Sous-entendu que toute déstabilisation du récit fédérateur pourrait engendrer un fin de la coopération des masses au système, ce qui engendrerait ensuite le chaos.
La réalité est loin d’être aussi simple, parce que d’une part les régimes organisés (capitalisme, stalinisme, royaume, empire fasciste…) génèrent eux aussi du chaos et des meurtres par millions, et d’autre part,
tant qu’on confond récit et réalité, on n’est pas encore aptes à l’autonomie tant rêvée.
En réalité, on n’a aucune certitude de ce qui se passerait si on interrompait les récits supposés organiser au mieux le réel. On a le récit des films américains post effondrement, les théories survivalistes, et j’ai le souvenir relaté ci après.
La révolution brutale qui change le récit mais n’améliore rien.
Au cours d’une université d’été (que je préfère ne pas citer explicitement), un putsch a éjecté une direction que j’adorais (car derrière sa hiérarchie verticale, elle permettait la pluralité des opinions et des participant.e.s au sein des ateliers).
Le récit qui présidait à ce putch était :
plus d’horizontalité (démocratie), et d’éthique.
Mais ce qui est survenu, en vrai, est une ambiance délétère, un tremplin pour des guerres de sous-chefs, ainsi que des procès populistes autour de chaque événement indélicat (notamment un homme qui avait giflé une femme). La gifle a choqué, conduit à des propos sexistes androphobes haineux. Mais ultérieurement, lors de divers simulacres de procès de Justice, et véritables assemblées vindicatives, on a appris que cet homme et cette femme avaient un long historique de se gifler, tantôt l’un, tantôt l’autre. Tous ces procès populistes avaient été le symptôme d’un chaos émotionnel et intellectuel, et avaient été amplifiés par des prétendant.e.s leaders jouant sur la libération des instincts agressifs latents.
En résumé de ce souvenir : il y avait une organisation non démocratique permettant à quelques leaders de structurer un événement culturel éclectique, permettant à toute personne, de n’importe quelle opinion, de coexister ; et la révolution a généré des violences et des régressions multiples. Etait-ce là une étape vers un mieux ultérieur ? Pas de mon point de vue : cette université d’été est devenue le fief des vainqueurs d’une idéologie. Elle n’a pas atteint plus de lucidité, elle a changé un récit pour un autre, un chef autoritaire pour une dictature d’une certaine partie du peuple.
Etait-ce une expérience nocive ? Pour l’événement culturel oui. Mais ce fut aussi une expérience très instructive. Merci.
Cet exemple vient appuyer ceci :
je ne suis pas en train d’appeler à interrompre les récits fédérateurs du « vivre organisés en société ».
Cependant, je n’exclue pas que lorsque la maturité individuelle le permettra, on ait intérêt à délaisser divers mensonges supposés nous aider à coexister.
Par conséquent, je suis intéressé par les régimes qui n’obligent pas à s’aligner avec l’état d’esprit du plus ignorant des chefs, ni du plus avide des riches.
Et puisque l’émancipation cognitive et spirituelle ne se décrète pas (c’est un processus), je suis en faveur, pour ce qui me concerne, de continuer à arpenter le chemin, notamment de continuer à apprendre à observer la vie sans formuler de récit-jugement rigide à propos de ce que je rencontre.
L’expérience de nombreux mouvements militants qui n’ont vu qu’un aspect d’un problème, donc ont créé du désordre en même temps qu’ils réparaient quelque chose, attire notre attention sur les écueils de quitter un récit sans savoir discerner la nature du récit elle-même.
La question que je pose n’est pas « Existe-t-il une vie satisfaisante sans récit ? » Car cette question, en elle-même, suppose que le récit est un problème potentiel, et cette supposition est en elle-même un récit affirmatif à peine déguisé en question.
Ce n’est pas une question mais un ressenti qui m’anime. Un ressenti agréable lorsque se distinguent les contours des #illusions qui m’animaient précédemment, laissant une place à une observation moins teintée de récit.
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L’idée ici n’est pas de rejeter un récit nocif (telle idéologie, tel régime). Cela je le fais dans d’autres pages.
Ici, j’invite à s’extraire de la confusion entre soi et un récit à propos de soi ; entre l’hypothétique réalité et l’illusion criarde.
Notamment parce qu’une quête de liberté qui se limiterait à échapper à un dictateur, mais qui ne voudrait pas apprendre à considérer le côté illusoire du récit en lui-même, serait probablement vouée à retomber dans les filets d’un autre tyran (le tyran conséquence de notre propre désir d’être manipulés).
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Les rêves nous font entrer dans une autre forme de récit.
La méditation semble être un outil pour s’évader temporairement du récit.
Le récit / le narratif culturel (troisième partie)
Les violences et meurtres proviennent-ils…
° d’un récit culturel prosélyte et invasif (comme l’Histoire et les actualités semblent le montrer),
° d’un manque de récit modéré (comme l’État et les religions modérées le prétendent en montrant du doigt tout extrémiste, voire simplement toute personne radicale)
° de facteurs économiques et politiques (comme les journalistes d’investigations le révèlent),
° ou de raisons moins connues (que la psychologie effleure et catalogue hâtivement) ?
L’être humain est-il l’ancêtre du système d’exploitation d’un ordinateur moderne, et les récits sont-ils les ancêtres des logiciels de jeux vidéos ?
Certains récits affirment que nous arrivons sur Terre avec une suite logicielle invisible (un karma) ;
d’autres affirment que notre logithèque opérationnelle est palpable (notre ADN) ;
le new-âge promeut l’épigénétique : la capacité d’un récit choisi volontairement de modifier notre destinée….
Mais qui est notre ancêtre ? Le concept de filiation est-il lui-même teinté de récit ?
L’ego est-il un récit, un auteur, les deux, ou rien de tout cela ?
Dénoncer un mensonge (par exemple une fausse expertise ou une corruption d’une institution ou d’une entreprise privée) demande un certain courage.
Nommer le récit n’est pas une dénonciation d’un mensonge, c’est la mise en lumière d’un fondement de vie basée sur une notion assez proche du mensonge.
Comprendre la nature du récit peut soulager de nombreuses souffrances issues de l’attachement au récit (puis du nocif récit de ratage qui en découle dès lors que la réalité ne conforte pas notre récit intériorisé).
Ce site est lui-même un récit. Intentionné positivement, mais un récit quand-même.
Le recueil de photos en est un aussi : ces photos ne reflètent pas ce que je ressentais durant les randonnées, ni les énergies invisibles en présence, mais seulement une partie de ce que j’ai vu, et que les capteurs photo ont interprété.
Le récit / le narratif culturel (quatrième partie)
Les médias fabriquent un narratif (sur la base d’une sélection de faits réels ou imaginaires).
école-collège-lycée fabriquent un narratif (sur la base d’une sélection de faits historiques, scientifiques, ou simplement conventionnels et issus de croyances répandues).
la religion est un narratif (sur la base d’une sélection d’interprétations-traductions d’écrits et traditions orales).
Les familles et foyers parentaux créent un narratif (sur la base d’une sélection souvenirs éducatifs et de volonté propre)
et en amont, notre ego crée un narratif (sur la base d’une sélection de souvenirs interprétés et de décodage de sensations).
C’est un réel soulagement de vivre selon une histoire qui semble cohérente, même si elle ne l’est pas forcément. Par exemple, c’est facile de se sentir citoyen, aimé de Dieu, bon parent, dans un monde dans lequel on a un salaire, un récit cohérent rappelé chaque soir au JT et dans le rôle parental, chaque semaine sur le lieu de culte… mais ça ne présage en rien de la réalité. Qu’elle qu’elle soit, il existe d’autres narratifs autour de la même réalité. Par exemple l’enfant peut se sentir mal aimé, après la mort rien n’exclut qu’on ne monte pas au paradis, et notre citoyenneté a pu se résumer à voter pour des régimes invariablement fous qui ont contribué à ruiner le biotope et maintenir les ultras riches, les ventes d’armes et les guerres.
Autrement dit, le narratif est à plusieurs visages : rassurant-paralysant, stressant-exploiteur, paranoïaque-pathologisant… Peut-il être lucide ?
Un narratif peut-il être lucide comme le prétendent médias, institutions scolaires et orateurs prosélytes, ou est-il nécessairement fiction (comme l’assument auteurs de romans, films, séries…) ?
La question n’est pas anodine, car la réponse conditionne la vie politique et personnelle : elle conditionne l’enrôlement politique, associatif, patriotique, l’obéissance, la soumission, les crimes passionnels, la tolérance, etc.
L’idée développée dans ce blog, pour le moment du moins, est qu’un narratif peut toujours venir en remplacer un autre -tant qu’on n’apprend pas à vivre sans croire :
le mythe démocratique vient remplacer le mythe royaliste, le mythe de l’austérité écologique vient remplacer le mythe du libéralisme fou, … comme un cauchemar sans fin. Cauchemar ? Non, ça aussi c’est un narratif, tout comme le narratif de la propagande consumériste est un faux rêve.
Ni rêve ni cauchemar !
Apprendre à observer sans juger.
Juste regarder la vie sans cynisme :
des personnes ont peur de quitter leur narratif (de bon parent, citoyen, religieux, militant, spirituel adogmatique…) de peur de devenir des psycho-sociopathes.
Certes on en a des exemples en haut lieu. Mais ça aussi c’est un narratif (simpliste de surcroit).
Autrement dit, ne plus croire aux narratifs, comporte l’épreuve de ne pas tomber dans un narratif nihiliste et destructeur. C’est pourquoi les narratifs ne sont pas que des illusions trompeuses nous conduisant aux guerres et à la ruine du biotope. Ce sont aussi des garde fous.
On ne supprime pas les garde fous avant l’heure.
Une analyse autour des défenseurs du récit de la Terre plate :
video : L’Argumentarium : Terre plate : et si on avait raté quelque chose
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ci dessous m à j : 18 mai 2026
La famille / Procréer et élever « ses » enfants en couple, un bien-fondé ?
Une des idées reçues les plus répandues est qu’il serait bon de fonder une famille pour offrir un cadre parfait aux enfants qu’on engendrera.
Cette idée est fausse pour au moins deux raisons :
1. c’est possiblement bon pour certaines personnes, pas pour toutes. Cf; les violences familiales, incestes, etc. Il est faux de présenter la famille sans nuances, comme un bon modèle.
2. il est temps de questionner pourquoi et pour qui on fait des enfants.
La surpopulation et les guerres qui s’en trouvent accentuées sont là.
Plutôt que d’affirmer qu’il faudrait faire des enfants, prenons le temps de quelques constats. NB; Ce n’est pas l’affirmation qu’il ne faut pas en faire. En fait, c’est le refus du prêt-à-penser, de l’amalgame généralisé, des projets de vie copiés collés inadaptés à tous.
la division en familles peut fragiliser la population
la division en familles peut fragiliser la population
Toute division peut fragiliser, morceler la population, qu’il s’agisse de clans qui s’affrontent, de familles monoparentales qui ont du mal à joindre les deux bouts, de familles qui opposent leur fierté…
Donc ce qui est dit ici n’est pas spécifique. Mais ça mérite d’être considéré, pour éviter le déni de morcellement.
S’enrôler parent classique pour vingt ans, durant lesquels il sera difficile de réfléchir à une meilleure société, plus largement de faire autrement que d’accepter de nombreuses contraintes économiques pour pouvoir survivre dans la société, est-ce une panacée ?
Ou dépendre de la solidarité froide et strictement économique d’un État de Droit ?
Sans organisation collective (par village, quartier, etc) on vit en dépendance aux institutions (scolaire notamment) et à la société de consommation (difficile d’être un collectif de production autonome si on n’a pas une solide organisation collective).
La taille de la cellule fondatrice de la population va avoir un impact sur les rapports de forces.
Y a-t-il une taille miracle ? Probablement pas.
Le but ici est simplement d’ouvrir les horizons créatifs : on n’est pas obligé de concevoir sa vie centrée autour du couple et de la famille réduite.
La procréation est un acte quasi magique.
L’enfant à des besoins affectifs, d’allaitement naturel, etc.
Mais ce sont des besoins qui ne sont pas nécessairement pourvus par le modèle classique de famille.
Il ne s’agit pas ici de juger la nature, ni même les personnes qui fondent, ou refusent de fonder, une famille classique. Les reproches et la culpabilité ne sont pas invités.
Quelques aspects du mythe
Quelques aspects du mythe
Le modèle familial a probablement des vertus ; je ne sais pas vraiment lesquelles. Quelques hypothèses :
° éviter la #surpopulation grâce à la monogamie ? ça ne marche pas vraiment.
° offrir un cadre d’épanouissement aux enfants ? C’est un peu la roulette russe selon les familles…
NB. la société n’est pas qu’un cauchemar : il y a des familles qui respirent le bon vivre, des personnes qui ont un moindre impact écologique…
On peut même, avec un état d’esprit de pardon universel, arriver à ne voir qu’un monde parfait, avec ses épreuves.
L’idée ici n’est pas de cautionner ni de s’opposer aux concepts « la société est vile » et « le monde est parfait ».
C’est juste de ne pas cautionner le mensonge qu’il serait toujours bon de faire des enfants, et en outre, de le faire dans le cadre d’une famille exponentielle (plus de 1 enfant par parent).
Oui, on peut voir la perfection du monde. Mais cela ne signifie pas continuer à agir comme les siècles précédents.
Dans cette perfection, il y aussi les voix qui appellent à faire une société plus solidaire et moins exponentielle.
Regardons notre moule culturel avec un regard indulgent -ce qui ne signifie pas lui obéir sans examen de conscience préalable.
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Si on n’a pas trouvé réellement qui on est (sous les masques sociaux), alors enfanter volontairement revient à entretenir une parodie de vie (inconscients de qui nous sommes, endormis à croire être nos rôles sociétaux).
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Quand au mythe du couple parfait, il est lui aussi sans rapport avec la réalité. Cela pose la question du meilleur format pour élever des enfants (j’expose mes hypothèses de réponses plus loin, mais elles ne prétendent pas clore cet utile questionnement).
Des confusions culturelles
Des confusions culturelles
Ne plus confondre :
° notre meilleure option de vie
° la peur de désobéir à une injonction culturelle (fut-elle satisfaisante ou pas).
° l’appel de notre si longue mémoire d’âme à vivre en couple
° le devoir de vivre en couple (pour les avantages fiscaux, l’approbation de la famille et de l’entourage, etc).
La fécondité et la surpopulation
La fécondité et la surpopulation
Ici, je ne parle pas d’opinion en faveur ou en défaveur d’avoir une forte densité urbaine humaine. Certains aiment, d’autres ont encore des campagnes où se réfugier. Ce n’est pas mon opinion sur le style de vie qui a la moindre importance ici (à ce sujet, j’aime tout à la fois la ville et la nature).
Un des problèmes est les ressource limitées. Il y a surpopulation car on ne gère pas nos déchets,
Il y a surpopulation car on s’entre-tue pour des territoires ou des ressources, on n’est pas capable d’organiser une société soutenable à quelques milliards alors forcément si on augmente, ce sera pire.
L’idée qu’il faut se multiplier est un récit inadapté à notre époque.
Une observation de la situation sans le filtre de mythes divers, montre une société engluée dans divers problèmes qui sont d’autant plus difficiles à résoudre que la densité humaine -et son territoire- augmentent.
Le territoire humain augmente au détriment des forêts primaires, des espaces sauvages, et même des terres agricoles aux sols préservés.
La densité augmente au détriment que chaque humain puisse avoir au quotidien un accès à un espace de nature préservée.
Chaque nouvel être humain va acquérir une grande quantité d’objets nocifs pour l’environnement naturel (le biotope) au cours de sa vie :
une multitude de smartphones, de voitures (et même s’il ne fait que prendre le métro tous les jours : ce n’est pas sans externalités négatives),
de vêtements et matériaux de construction de maison fabriqués violemment (et même s’il vit en immeuble, ce n’est pas sans conséquences environnementales),
ainsi que des tonnes de suremballage et sur-transport quotidien des aliments achetés,
Chaque nouvel être humain va le plus souvent contribuer au défrichage global et à la perte de la biodiversité et des espaces sauvages par ses achats alimentaires -viande en tête- ; et par le tourisme confortable (bétonisation touristique).
Et s’il est comme pas mal de mes contemporains locaux, chaque nouvel être humain va en outre surconsommer par gaspillage et obsolescence des richesses aberrantes auxquelles il a accès.
piste de solutions
Bien sûr, les humains sont des être attachants, capables de bravoure, d’évolution spirituelle et intellectuelle, de donner, de secourir, de travailler pour l’intérêt commun…. Il ne s’agit pas de dire que nous sommes la peste, il s’agit de dire que notre mode de vie dominant ne justifie pas de qualifier de « bien » de continuer à croître, ni même de se maintenir à ce niveau de densité.
Pourrait on concevoir et élever les enfants dans un modèle à démographie plus douce ? Par exemple, une communauté d’adultes qui élèvent une poignée d’enfants ? Autrement dit, peut on passer du ration un adulte engendre un enfant, au ratio 3, 4, 5 ou 6 adultes engendrent un enfant ?
Et pourrait-on passer du paradigme « papa et maman ont autorité sur toute la vie de l’enfant (ou presque) » à une communauté d’adultes bienveillants et responsabilisés autour d’enfants ?
NB. Sans créer un nouveau modèle impératif !!
Le concept guerrier absolu
Il reste du chemin à parcourir pour sortir des vieilles logiques possessives :
combien de fois j’ai entendu « ce sont MES enfants » ? Hélas pas toujours avec détachement, parfois avec accaparement, désir de contrôle de leur trajectoire de vie.
Quels sont les sous-entendus communs à diverses injonctions culturelles encore présentes ?
| discours fiers que j’ai entendus hélas souvent | ce qu’ils révèlent à demi mots |
|---|---|
| j’élève mes enfants comme je veux ; mes enfants sont Musulmans -comme moi. ou. Mes enfants sont athées -comme moi. Ou. Mes enfants sont Juifs -comme moi, etc. | l’égo personnel et culturel clanique aux commandes, incarnation des guerres de religions larvées ou explicites. |
| Chacun s’occupe de sa famille ; au moins ainsi, je m’occupe bien de mes enfants. | et ceux élevés dans des familles de tarés, d’intégristes, de méchants, de laxistes, de démunis complets… c’est pas mon problème. |
| Depuis que je suis mère et que je ne porte plus de mini jupe, je suis respectée. | la société ne m’a pas laissée libre de vivre la vie que je voulais. |
| la famille c’est une institution sacrée. | alors faisons lui confiance aveuglément, ne cherchez pas à savoir si c’est un lieu de violences conjugales, d’inceste et autres violences. |
- Quel bien y-a-t-il a enfanter de nouveaux enfants, si on ne sait déjà pas nourrir et aimer tous ceux déjà nés ?
Chaque fois que l’on néglige un enfant, (qu’on le prive d’affection ou de nourriture, par exemple), c’est un acte violent. Idem quand on lui envoie une bombe dessus (ou qu’on laisse un État ou une organisation criminelle le faire).
Il y a tellement d’enfants déjà nés, malmenés en ce moment même, que mettre au monde ses propres enfants (en ignorants ceux déjà là et non pourvus d’amour et de liberté) est un acte d’indifférence envers ces derniers.
L’indifférence est l’inverse de l’amour (dans un schéma où la haine est l’opposé de l’amour et également l’inverse de l’ #indifférence).
La croyance que les enfants que nous enfantons sont tout, et les autres enfants ne seraient rien, est l’une des bases d’une société divisée et occupée à des affrontements permanents.
La culture de « faire gagner son camp, sa religion, sa culture athée ou plus simplement les siens » n’a rien à voir avec un idéal de « bien », ça a à voir avec les trophées et la toute puissance de l’égo, et de l’orgueil.
La compétition nataliste, l’indifférence envers les non-siens, la discrimination jusque dans la chair… tout cela ensevelit la fraternité ; ensuite, son absence génère une frustration puissante. Ensuite, cette frustration engendre : surpopulation, guerres, consumérisme.
La quantité des interfaces à défaut de la qualité de la communication
Nos verbiages, nos discussions creuses, nos distractions sans fin, ne nous font pas sentir entourés ni conscients pour de vrai ;
alors on crée de nouvelles personnes dépendantes de nous (enfants),
alors on crée des interfaces avec lesquelles communiquer (société scientiste robotisée),
alors on crée des personnages de séries, de romans, de jeux, de légendes (jamais on ).
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Une pression culturelle paradoxale :
| D’un côté | D’un autre côté, en même temps |
|---|---|
| la société veut donner les moyens aux jeunes d’une émancipation intellectuelle. | la société ne souhaite pas que ses membres se réalisent pleinement (s’ils se réalisent, ils ne sont plus aussi facilement enrôlables), La société invite à procréer, donc à « réaliser » un ou des autres humains à partir de parents non réalisés eux et elles-mêmes. |
| L’État français distribue des allocations familiales (incitation à procréer ici). | L’État permet un commerce d’armes dont on sait bien que certaines tueront des enfants quelque part dans le monde. |
Par mes écrits, je souhaite contribuer à requalifier un faux bon modèle à suivre pour ce qu’il est : une injonction guerrière.
Mais ce n’est pas pour le remplacer par un autre modèle. C’est juste pour arrêter de mentir encore et encore aux nouvelles générations.
L’enjeu : des guerres sanglantes !
Devant l’horreur du massacre des Palestiniens ou de tout autre peuple ou individus, devant l’horreur de la malbouffe qui nous stérilise et de l’agriculture intensive qui tue la vie dans les sols, devant l’industrie et les armes qui tuent la vie…
je vois parfois fleurir l’idée que l’opposé de ces horreurs serait de faire des enfants (dans une logique de contrer les pertes).
Absolument pas. Faire des enfants en surnombre, comme c’est le cas sur la planète depuis des siècles, cela revient précisément à subtilement inviter ces industries de destruction à exister.
L’opposé de ces meurtres civilisationnels est probablement de chérir chaque vie : de prendre soin les uns des autres, sans se limiter à nos familles, sans prosélytisme culturel ni religieux.
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Voici quelques observations plus précises pour expliquer cette opinion. Opinion qui ne consiste pas à dire ce que vous devriez faire -enfanter ou pas-, mais qui consiste à réfuter le soit-disant bienfondé d’enfanter sans réfléchir aux conséquences.
Chaque nouvel être humain :
° est le plus souvent éduqué par une culture guerrière (interprétations religieuses ou athées conquérantes, fausses vérités propagées, allégeances à des personnes non fiables, faux sauveteurs en tous genres…).
° va le plus souvent payer des impôts et/ou une redevance à des organisations de malfaiteurs, et ainsi contribuer à un effort de guerre (a minima de coercition, surveillance injuste, d’exécutions et d’iniquité globale) contre un peuple ou contre un individu marginal.
° va lui-même enfanter un ou plusieurs autres êtres humains.
Quelles solutions ?
Celles imposées à autrui sont violences.
Culpabiliser autrui revient aussi à exercer une forme de violence.
A ce sujet : ce qui est fait est fait : ce texte a pour but de faire réfléchir aux choix à venir, pas condamner les actes procréatifs (déjà commis ou à venir). Si tu es déjà parent, ou le deviens, je te suggère seulement de faire au mieux avec ta réalité…
Alors que reste-t-il ?
Vois ce qui est à ta portée, sans stress culpabilisant…
Mettre au monde des enfants non consuméristes ? Pas sûr : tu ne maîtrises pas leur destin, et tant mieux.
Des lois liberticides (imposer un quota d’enfants maximum, ou l’inverse, interdire un mode de vie sans enfants) ? A fuir : les dictatures ne sont jamais saines (cf. la page sur la frustration).
Je crois en l’éducation, non pas en tant que formatage -cela se fait déjà et on voit le résultat !- mais en tant qu’accompagnement protecteur tandis que chacun.e peut apprendre à révéler le meilleur en lui/elle-même.
épilogue personnel
Je m’imagine élever quelques enfants à plein d’adultes (par adoption et/ou par procréation, avec à un ratio maximal de 1 enfant pour 4 adultes afin de participer à la désirée décroissance numéraire).
Cela en développant une communauté éducative plurielle et solidaire, et en rompant avec tout esprit compétitif entre les foyers éducatifs.
Une vie collective épanouie permettrait aussi de prendre soin des plus âgé.es, sans que ça repose sur trop peu de personnes, et sans recourir à la sous-traitance des institutions pour personnes âgées.
Pour le moment, je n’y suis pas parvenu, ni n’en fais pas une obligation de vie. J’agis déjà via mon métier éducatif qui tente de partager quelques clefs de compréhension pour une vie épanouie et pacifique. Cela auprès d’enfants que je croise lors d’ateliers en classe.
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J’ai échoué à vivre sobrement puisque j’ai acquis de nombreux appareils électroniques, j’ai un véhicule à combustible fossile (électrique ce ne serait pas mieux). Mais je les ai choisi le plus durables possibles : quasi jamais d’achat de produits peu fiables. C’est peu, mais c’est déjà ça. Voyons le positif, tant qu’il ne nous dispense pas de voir le reste.
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