M à jour : 18 mai 2026
Composer avec l’ombre
De quoi parle-t-on avec le mot « ombre » au sens figuré ?
Ce qui est caché, et par conséquent plus difficile à trouver et à connaître.
On est dans une société dont les membres tentent de se distraire ou de travailler incessamment pour ne pas se retrouver seuls avec aux-mêmes (et rencontrer leurs parts d’ombres).
La différence entre l’ombre et le mal
La différence entre l’ombre et le mal
Certains dogmes religieux inculquent la peur du mal immiscé en nous-mêmes (donc tapi dans l’ombre). ça a probablement contribué à ce qu’on assimile ombre et mal.
Mais ce qui est caché n’est pas forcément maléfique. Par exemple, dans une assemblée de gens grossiers et exubérants, il arrive que des personnes plus subtiles se taisent et passent inaperçues : ce qui se tapit dans un coin n’est pas forcément hostile.
Par exemple, dans notre psyché, cela pourraient être des sentiments subtils d’amour que nous ne percevons pas, parce que nous passons le plus clair du temps à écouter des choses envahissantes (le travail, la télé, les discussions sans fin… ». Quelle place avons nous laissé à l’amour subtil dans ce scénario ?
Ce qui est caché n’est pas forcément amical. Par exemple, derrière la proposition d’aide d’un sauveur, il peut y avoir un désir inconscient de rendre la personne aidée dépendante.
Le bénéfice des pensées négatives
Le bénéfice des pensées négatives
Les méthodes de pensées positives, ont le défaut d’occulter certaines aspects de nous-mêmes.
On se libère plus facilement d’un sentiment dont on accepte l’existence, que renié (du moins, tant que le rythme de nos prises de conscience est juste).
…
En rejetant nos #pensées déplaisantes, et en ne considérant que celles plaisantes, nous nous priverions de certains enseignements.
Par exemple, une peur de se faire cambrioler pourrait être porteuse du message : « je suis trop attaché à mes possessions ». Trop par rapport à quoi ?
A une envie de mobilité ; à un besoin de réduire le montant de la cotisation d’assurance ; à un besoin d’apprendre l’économie circulaire, le prêt et le don, la fraternité…
Marmonner en boucle « mes possessions sont en sécurité », en vue de ne pas se faire cambrioler, me semblerait un conseil stérile dans le cas présent.
- Quel message délivrent nos parts d’ombres, lorsqu’on cesse de vouloir les enterrer sous du « positif », ou de s’en distraire sans fin ?
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Le « bénéfice » d’une pensée négative est tout relatif :
° Parce que le bénéfice des pensées, d’une manière générale, est très limité (c’est notamment pour cela qu’on médite, pour ne pas s’identifier aux pensées).
° Rachercher le négatif, trop en faire, est dangereux : une exploration de soi-même disharmonieuse provoque parfois de sévères décompensations psychiques.
Accepter nos parts d’ombre ne veut pas dire partir en guerre #excavatrice incessante des parts d’ombres en nous et chez autrui. Cf. le rôle de faux héros.
Et la Terre n’a pas non plus besoin qu’on l’excave outrancièrement.
D’autres exemples
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D’autres exemples :
Les pensées sombres nous affaiblissent, si elles stagnent ou reviennent sans cesse. Mais en tant que porteuses du message « il est temps de changer la façon de considérer le monde », elles servent.
Les pensées d’accident, de frapper autrui, de catastrophes, de vengeance, de manipulation… nous fournissent un renseignement sur notre état émotionnel.
Elles peuvent nous révéler que nous débordons de haine, et que nous avons besoin de repositionner notre intention. On peut leur prêter une courte attention −en évitant de s’en enivrer.
Exemples :
° Imaginer qu’un accident survienne à une collègue de travail m’a permis d’identifier ma jalousie ;
° imaginer la mort d’une personne aimée, et la tristesse en résultant, m’a permis de repérer ma dépendance affective…
° Je conduisais malgré l’épuisement. Une pensée de mort est survenue. Je me suis garé. Dormir m’a peut‑être sauvé la vie.
° Une pensée violente a surgi durant un jogging. Je courais machinalement, peu attentif à mon corps. J’ai vérifié mon pouls, il était bien au‑delà du raisonnable. Je me suis arrêté pour récupérer.
Dans cette situation, il aurait été malvenu de masquer ce signal d’alarme, par une pensée du style « continue, accroche‑toi, sois un champion ».
Que pouvons-nous apprendre sur nous en observant nos fuites favorites ?
Que pouvons-nous apprendre sur nous en observant nos fuites favorites ?
Regarder des films à base de super héros aux pouvoirs sur‑humains
→ besoin d’aimer ma vie −ses joies et ses contraintes− telle qu’elle est, au lieu de la juger banale et de la dénigrer
Aimer regarder des images d’hommes et de femmes au corps « parfait »,
→ besoin d’aimer mon corps tel qu’il est −le toucher, l’aimer pour ce qu’il est.
Rêver d’un monde fraternel et généreux
→ besoin d’aimer ma propre avarice, mes mécanismes de repli, non pas pour m’y vautrer, mais pour les aimer en tant qu’étape de ma conscience, de mon besoin de trouver une valeur à mon existence, de prémices à une conscience élargie (une fois constaté l’étroitesse de la fausse zone de confort pingre).
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Si nous assumons notre avarice, une démarche de générosité aura du sens.
Si nous fuyons notre avarice (sous un vœu de générosité), croyez‑vous que nous deviendrons un.e saint.e seulement par la magie d’une phrase répétée en mantra (« je suis généreux… je suis généreux… ») ?
C’est probablement la même chose avec nos parts d’ombres :
Si nous assumons nos parts d’ombre, une démarche d’équilibre aura du sens.
Si nous cultivons à la fois la honte de nous-mêmes et la peur du divin, croyez-vous que nous serons changés en Saints par la magie d’une prière les prières (à Dieu, à l’univers… ou exprimées avec d’autres référentiels culturels) ?
Si on a peur d’une punition et honte de nous-mêmes, nos paroles n’auront pas la même portée que si on s’assume, et tout en s’assumant, on tend vers ce qui est le plus juste.
Feindre l’humilité, se soumettre de manière aliénante, … cela amène à prononcer des vœux éloignés de notre réalité et de nos besoins.
La déception
Elle est une frustration, qui survient notamment lorsque nous courons après des rêves, parce que nous sommes exagérément critiques de l’existant, trop confiants dans nos mentors ou dans nos utopies, ou que nous suivons des voies tracées pour autrui*. Nos déceptions peuvent nous en apprendre long sur nous-mêmes.
(* Exemples : des années à récolter des bonnes notes à l’école, suivies malgré tout du chômage ou d’un métier ennuyeux ; lecture de dizaines de livres supposés nous aider à devenir des sages éveillés, mais pas d’illumination…).
#peur #ombre #caché #honte #prière #pensée #déception