M à j : septembre 2025 a
Définitions
Ces définitions sont utiles pour (se) nommer, pour se reconnaître le cas échéant, mais pas pour nous diviser.
« identité » –> « ressenti »
Le mot identité fait référence à ce qui est identique, permanent, exact, commun à un ensemble. selon diverses définitions.
Cela est problématique, car l’identité de genre (que je vais définir plus loin) n’est pas quelque chose de nécessairement exact, commun à un ensemble, ni permanent. C’est plutôt quelque chose de subjectif et culturel à la fois.
Je vais donc remplacer le mot « identité de genre » par « ressenti de genre », et « identité culturelle » par « repères culturels », dans cette page.
o0o
Qu’est-ce que le signe LGBT, ou LGBTQIA+ ? Définitions succinctes de lots inclus (ou pas) dans ce sigle :
o0o
Gay : homme attiré par les hommes. En langue anglo-saxonne, terme qui inclut aussi les lesbiennes.
Lesbienne : femme attirée par les femmes.
NB. gay et lesbienne sont une sous-partie de l’appellation homosexuel.le.
Hétérosexuel.le : personne attirée par les personnes du sexe opposé. C’est l’attirance
femme <-> homme.
Bisexuel.le & pansexuel.le : personne dont l’attirance n’est pas régie par le sexe de l’autre.
Asexuel.le : non attiré.e par les relations sexuelles.
o0o
Cisgenre : personne avec un pénis se sentant de genre masculin / homme ; ou personne avec une vulve se sentant du genre féminin / femme.
(Terme opposé de « transgenre »).
Transgenre : qui ne se sent pas du genre par lequel on a commencé à l’appeler depuis la naissance.
Par exemple, une personne avec un pénis qui ne se sent pas homme : qui peut se sentir femme, ou qui peut se sentir quelque part entre homme et femme, ou ni l’un ni l’autre. Dans ces derniers cas, on parle de :
non-binaire : se sent hors des cases hommes et femme
pangenre : se ressent homme, femme, non binaire.
agenre : ne se place pas dans ce continuum genré.
Ce ressenti peut varier (genre « fluide » / genderfluid).
Synonyme de transgenre : transidentitaire (dans un contexte LGBT).
NB transexuel.le est un mot inusité de nos jours (car focalisant sur certains aspects biologiques et psychiques restreints, tandis que la notion transgenre est vaste).
NB. L’avantage de nommer cisgenre / transgenre est de se passer du mot « normal » : un mot qui stigmatise ceux qui ne sont pas étiquetés comme tels.
Mais c’est une classification encore très insatisfaisante au regard des besoins de paix et de fraternité, car elle divise en deux groupes.
Comme expliqué à plusieurs autres endroits, l’humanité est une, avec un continuum de diversité : on est plus ou moins ceci ou cela, il n’y a pas de catégories hermétiquement séparées.
Par exemple, les filles sont plus ou moins poilues, les hommes c’est pareil. Si des filles s’épilent : ce n’est pas pour devenir naturelles, c’est pour se conformer à une vision genrée culturellement dominante.
Même concernant cisgenre/transgenre, il n’y a pas de frontière immuable entre les deux :
autant l’autodéfinition cisgenre que l’autodéfinition transgenre sont des constructions subjectives, et pour parties sociétales. Elles n’ont rien d’indubitablement naturelles.
Même deux personnes cisgenre qui se sentent « homme » n’ont peut-être quasiment aucun ressenti intime réellement similaire : qui peut savoir ce que ressent réellement l’autre ?!
Expression de genre : comment le genre se montre, relativement à la culture (la norme) d’un endroit et d’une époque donnés.
C’est souvent sur l’expression de genre que se basent les agressions et moqueries sur la voie publique : le déclencheur est une apparence qui ne plaît pas à certaines personnes prêtes à invectiver.
Mais la cause est à chercher ailleurs :
Pourquoi autant de haine (quelle éducation normative traumatisante ont subi ces agresseurs ?)
Pourquoi agresserait-on autrui si on se sent en paix intérieure ?
o0o
Queer : terme destiné à s’autoqualifier, et dont les définitions varient. Globalement signifiant une solidarité avec les minorités discriminées, principalement dans la sphère de la vie affective et sexuelle.
A l’origine c’était une insulte envers les personnes LGBT, mais cette insulte a été réappropriée pour faire cesser la portée insultante du mot.
Le + qui termine sigle LGBTQIA+ est présent pour n’oublier aucune minorité discriminée (parmi des orientations, identités et pratiques légales, entre personnes consentantes et en âge de donner leur consentement).
o0o
NB. Les mots sont relatifs à une époque, et sont simplificateurs.
Par exemple, une personne menant une vie hétérosexuelle, considérée « hétéro », peut ne jamais avoir ressenti d’attirance pour quelqu’un du même sexe ;
tandis qu’une autre personne « hétéro » a peut-être eu, ou a encore, des attirances plus ou moins prononcées pour des personnes du même sexe qu’elle.
Si une personne est hétéro, me direz-vous, elle n’a pas d’attirance pour le même sexe qu’elle !
C’est pas toujours si clair et si simple :
La société met tellement de pression sur les épaules des personnes, que si elles se sentent proche de 100% hétéros, mais pas 100% hétéros, il est plus simple pour elles, voire même pas nécessairement conscient, de se définir 100% hétéro.
Dans une société homophobe, on n’apprend pas à connaître son prochain… on attend de lui qu’il soit dans le moule (hétéro, et cisgenre).
La diversité naturelle est plus subtile, plus variée, que les cases dans lesquelles nos cultures tentent de nous enfermer.
Dans le contexte d’une société hyper normée (dans laquelle on ne permet pas à chacun.e d’être qui il/iel/elle a envie), toutes les personnes hors normes sont inquiétées ; c’est notamment cela que nous sommes nombreux à vouloir la faire évoluer.
La faire évoluer ne veut pas dire la détruire mais la rendre soutenable pour tous.
o0o
Certaines personnes ont besoin d’un mot pour se définir (hétéro, homo, pangenre…), ou pour se rassurer (d’être conforme à une norme, fut-elle minoritaire), d’autres n’en ont pas besoin.
Avant d’en arriver à la capacité de dire « je suis » (sans aucun qualificatif pour terminer cette affirmation (référence aux Evangiles), il est parfois rassurant de se reconnaître dans une catégorie prédéfinie.
Les mots identitaires ont sauvé des vies (de personnes qui se croyaient désespérément seules au monde, jusqu’à ce que ce qu’ils, elles, ou iels puissent nommer leur ressenti).
o0o
Si vous êtes un homme et que l’on vous appelle madame (ou l’inverse), appréciez-vous cela ?
…
C’est pareil pour toute personne qui n’est pas appelée comme elle se sent.
Cela fait donc sens que de permettre un vocabulaire qui n’invisibilise pas les uns ni les autres, mais nomme chacun.e avec respect.
Intersexe : Personne dont les caractéristiques biologiques sont culturellement classées en partie dans la catégorie homme, en partie dans la catégorie femme.
Exemple, personne naturellement dotée d’un pénis mais ayant des gênes de nature à développer une croissance de poitrine (dite féminine) à la puberté.
NB. « intersexe » regroupe des situations variées. Selon la manière de considérer qu’on rentre entièrement ou pas dans la définition médicale homme ou femme, donc selon des normes en vigueur, les comptages les plus courants semblent être entre 0,5 et 3% de la population.
Rappel des sous-parties
Définitions (vous êtes ici)
Réponse aux questions fréquentes légèrement hostiles
La haine fait-elle sens / la diversité naturelle
l’enjeu de la médicalisation des corps
la quête mystique en étant LGBT