M à j : 18 mai 2026
La famille / Procréer et élever « ses » enfants en couple, un bien-fondé ?
Une des idées reçues les plus répandues est qu’il serait bon de fonder une famille pour offrir un cadre parfait aux enfants qu’on engendrera.
Cette idée est fausse pour au moins deux raisons :
1. c’est possiblement bon pour certaines personnes, pas pour toutes. Cf; les violences familiales, incestes, etc. Il est faux de présenter la famille sans nuances, comme un bon modèle.
2. il est temps de questionner pourquoi et pour qui on fait des enfants.
La surpopulation et les guerres qui s’en trouvent accentuées sont là.
Plutôt que d’affirmer qu’il faudrait faire des enfants, prenons le temps de quelques constats. NB; Ce n’est pas l’affirmation qu’il ne faut pas en faire. En fait, c’est le refus du prêt-à-penser, de l’amalgame généralisé, des projets de vie copiés collés inadaptés à tous.
la division en familles peut fragiliser la population
la division en familles peut fragiliser la population
Toute division peut fragiliser, morceler la population, qu’il s’agisse de clans qui s’affrontent, de familles monoparentales qui ont du mal à joindre les deux bouts, de familles qui opposent leur fierté…
Donc ce qui est dit ici n’est pas spécifique. Mais ça mérite d’être considéré, pour éviter le déni de morcellement.
S’enrôler parent classique pour vingt ans, durant lesquels il sera difficile de réfléchir à une meilleure société, plus largement de faire autrement que d’accepter de nombreuses contraintes économiques pour pouvoir survivre dans la société, est-ce une panacée ?
Ou dépendre de la solidarité froide et strictement économique d’un État de Droit ?
Sans organisation collective (par village, quartier, etc) on vit en dépendance aux institutions (scolaire notamment) et à la société de consommation (difficile d’être un collectif de production autonome si on n’a pas une solide organisation collective).
La taille de la cellule fondatrice de la population va avoir un impact sur les rapports de forces.
Y a-t-il une taille miracle ? Probablement pas.
Le but ici est simplement d’ouvrir les horizons créatifs : on n’est pas obligé de concevoir sa vie centrée autour du couple et de la famille réduite.
La procréation est un acte quasi magique.
L’enfant à des besoins affectifs, d’allaitement naturel, etc.
Mais ce sont des besoins qui ne sont pas nécessairement pourvus par le modèle classique de famille.
Il ne s’agit pas ici de juger la nature, ni même les personnes qui fondent, ou refusent de fonder, une famille classique. Les reproches et la culpabilité ne sont pas invités.
Quelques aspects du mythe
Quelques aspects du mythe
Le modèle familial a probablement des vertus ; je ne sais pas vraiment lesquelles. Quelques hypothèses :
° éviter la #surpopulation grâce à la monogamie ? ça ne marche pas vraiment.
° offrir un cadre d’épanouissement aux enfants ? C’est un peu la roulette russe selon les familles…
NB. la société n’est pas qu’un cauchemar : il y a des familles qui respirent le bon vivre, des personnes qui ont un moindre impact écologique…
On peut même, avec un état d’esprit de pardon universel, arriver à ne voir qu’un monde parfait, avec ses épreuves.
L’idée ici n’est pas de cautionner ni de s’opposer aux concepts « la société est vile » et « le monde est parfait ».
C’est juste de ne pas cautionner le mensonge qu’il serait toujours bon de faire des enfants, et en outre, de le faire dans le cadre d’une famille exponentielle (plus de 1 enfant par parent).
Oui, on peut voir la perfection du monde. Mais cela ne signifie pas continuer à agir comme les siècles précédents.
Dans cette perfection, il y aussi les voix qui appellent à faire une société plus solidaire et moins exponentielle.
Regardons notre moule culturel avec un regard indulgent -ce qui ne signifie pas lui obéir sans examen de conscience préalable.
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Si on n’a pas trouvé réellement qui on est (sous les masques sociaux), alors enfanter volontairement revient à entretenir une parodie de vie (inconscients de qui nous sommes, endormis à croire être nos rôles sociétaux).
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Quand au mythe du couple parfait, il est lui aussi sans rapport avec la réalité. Cela pose la question du meilleur format pour élever des enfants (j’expose mes hypothèses de réponses plus loin, mais elles ne prétendent pas clore cet utile questionnement).
Des confusions culturelles
Des confusions culturelles
Ne plus confondre :
° notre meilleure option de vie
° la peur de désobéir à une injonction culturelle (fut-elle satisfaisante ou pas).
° l’appel de notre si longue mémoire d’âme à vivre en couple
° le devoir de vivre en couple (pour les avantages fiscaux, l’approbation de la famille et de l’entourage, etc).
La fécondité et la surpopulation
La fécondité et la surpopulation
Ici, je ne parle pas d’opinion en faveur ou en défaveur d’avoir une forte densité urbaine humaine. Certains aiment, d’autres ont encore des campagnes où se réfugier. Ce n’est pas mon opinion sur le style de vie qui a la moindre importance ici (à ce sujet, j’aime tout à la fois la ville et la nature).
Un des problèmes est les ressource limitées. Il y a surpopulation car on ne gère pas nos déchets,
Il y a surpopulation car on s’entre-tue pour des territoires ou des ressources, on n’est pas capable d’organiser une société soutenable à quelques milliards alors forcément si on augmente, ce sera pire.
L’idée qu’il faut se multiplier est un récit inadapté à notre époque.
Une observation de la situation sans le filtre de mythes divers, montre une société engluée dans divers problèmes qui sont d’autant plus difficiles à résoudre que la densité humaine -et son territoire- augmentent.
Le territoire humain augmente au détriment des forêts primaires, des espaces sauvages, et même des terres agricoles aux sols préservés.
La densité augmente au détriment que chaque humain puisse avoir au quotidien un accès à un espace de nature préservée.
Chaque nouvel être humain va acquérir une grande quantité d’objets nocifs pour l’environnement naturel (le biotope) au cours de sa vie :
une multitude de smartphones, de voitures (et même s’il ne fait que prendre le métro tous les jours : ce n’est pas sans externalités négatives),
de vêtements et matériaux de construction de maison fabriqués violemment (et même s’il vit en immeuble, ce n’est pas sans conséquences environnementales),
ainsi que des tonnes de suremballage et sur-transport quotidien des aliments achetés,
Chaque nouvel être humain va le plus souvent contribuer au défrichage global et à la perte de la biodiversité et des espaces sauvages par ses achats alimentaires -viande en tête- ; et par le tourisme confortable (bétonisation touristique).
Et s’il est comme pas mal de mes contemporains locaux, chaque nouvel être humain va en outre surconsommer par gaspillage et obsolescence des richesses aberrantes auxquelles il a accès.
piste de solutions
Bien sûr, les humains sont des être attachants, capables de bravoure, d’évolution spirituelle et intellectuelle, de donner, de secourir, de travailler pour l’intérêt commun…. Il ne s’agit pas de dire que nous sommes la peste, il s’agit de dire que notre mode de vie dominant ne justifie pas de qualifier de « bien » de continuer à croître, ni même de se maintenir à ce niveau de densité.
Pourrait on concevoir et élever les enfants dans un modèle à démographie plus douce ? Par exemple, une communauté d’adultes qui élèvent une poignée d’enfants ? Autrement dit, peut on passer du ration un adulte engendre un enfant, au ratio 3, 4, 5 ou 6 adultes engendrent un enfant ?
Et pourrait-on passer du paradigme « papa et maman ont autorité sur toute la vie de l’enfant (ou presque) » à une communauté d’adultes bienveillants et responsabilisés autour d’enfants ?
NB. Sans créer un nouveau modèle impératif !!
Le concept guerrier absolu
Il reste du chemin à parcourir pour sortir des vieilles logiques possessives :
combien de fois j’ai entendu « ce sont MES enfants » ? Hélas pas toujours avec détachement, parfois avec accaparement, désir de contrôle de leur trajectoire de vie.
Quels sont les sous-entendus communs à diverses injonctions culturelles encore présentes ?
| discours fiers que j’ai entendus hélas souvent | ce qu’ils révèlent à demi mots |
|---|---|
| j’élève mes enfants comme je veux ; mes enfants sont Musulmans -comme moi. ou. Mes enfants sont athées -comme moi. Ou. Mes enfants sont Juifs -comme moi, etc. | l’égo personnel et culturel clanique aux commandes, incarnation des guerres de religions larvées ou explicites. |
| Chacun s’occupe de sa famille ; au moins ainsi, je m’occupe bien de mes enfants. | et ceux élevés dans des familles de tarés, d’intégristes, de méchants, de laxistes, de démunis complets… c’est pas mon problème. |
| Depuis que je suis mère et que je ne porte plus de mini jupe, je suis respectée. | la société ne m’a pas laissée libre de vivre la vie que je voulais. |
| la famille c’est une institution sacrée. | alors faisons lui confiance aveuglément, ne cherchez pas à savoir si c’est un lieu de violences conjugales, d’inceste et autres violences. |
- Quel bien y-a-t-il a enfanter de nouveaux enfants, si on ne sait déjà pas nourrir et aimer tous ceux déjà nés ?
Chaque fois que l’on néglige un enfant, (qu’on le prive d’affection ou de nourriture, par exemple), c’est un acte violent. Idem quand on lui envoie une bombe dessus (ou qu’on laisse un État ou une organisation criminelle le faire).
Il y a tellement d’enfants déjà nés, malmenés en ce moment même, que mettre au monde ses propres enfants (en ignorants ceux déjà là et non pourvus d’amour et de liberté) est un acte d’indifférence envers ces derniers.
L’indifférence est l’inverse de l’amour (dans un schéma où la haine est l’opposé de l’amour et également l’inverse de l’ #indifférence).
La croyance que les enfants que nous enfantons sont tout, et les autres enfants ne seraient rien, est l’une des bases d’une société divisée et occupée à des affrontements permanents.
La culture de « faire gagner son camp, sa religion, sa culture athée ou plus simplement les siens » n’a rien à voir avec un idéal de « bien », ça a à voir avec les trophées et la toute puissance de l’égo, et de l’orgueil.
La compétition nataliste, l’indifférence envers les non-siens, la discrimination jusque dans la chair… tout cela ensevelit la fraternité ; ensuite, son absence génère une frustration puissante. Ensuite, cette frustration engendre : surpopulation, guerres, consumérisme.
La quantité des interfaces à défaut de la qualité de la communication
Nos verbiages, nos discussions creuses, nos distractions sans fin, ne nous font pas sentir entourés ni conscients pour de vrai ;
alors on crée de nouvelles personnes dépendantes de nous (enfants),
alors on crée des interfaces avec lesquelles communiquer (société scientiste robotisée),
alors on crée des personnages de séries, de romans, de jeux, de légendes.
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Une pression culturelle paradoxale :
| D’un côté | D’un autre côté, en même temps |
|---|---|
| la société veut donner les moyens aux jeunes d’une émancipation intellectuelle. | la société ne souhaite pas que ses membres se réalisent pleinement (s’ils se réalisent, ils ne sont plus aussi facilement enrôlables), La société invite à procréer, donc à « réaliser » un ou des autres humains à partir de parents non réalisés eux et elles-mêmes. |
| L’État français distribue des allocations familiales (incitation à procréer ici). | L’État permet un commerce d’armes dont on sait bien que certaines tueront des enfants quelque part dans le monde. |
Par mes écrits, je souhaite contribuer à requalifier un faux bon modèle à suivre pour ce qu’il est : une injonction guerrière.
Mais ce n’est pas pour le remplacer par un autre modèle. C’est juste pour arrêter de mentir encore et encore aux nouvelles générations.
L’enjeu : des guerres sanglantes !
Devant l’horreur du massacre des Palestiniens ou de tout autre peuple ou individus, devant l’horreur de la malbouffe qui nous stérilise et de l’agriculture intensive qui tue la vie dans les sols, devant l’industrie et les armes qui tuent la vie…
je vois parfois fleurir l’idée que l’opposé de ces horreurs serait de faire des enfants (dans une logique de contrer les pertes).
Absolument pas. Faire des enfants en surnombre, comme c’est le cas sur la planète depuis des siècles, cela revient précisément à subtilement inviter ces industries de destruction à exister.
L’opposé de ces meurtres civilisationnels est probablement de chérir chaque vie : de prendre soin les uns des autres, sans se limiter à nos familles, sans prosélytisme culturel ni religieux.
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Voici quelques observations plus précises pour expliquer cette opinion. Opinion qui ne consiste pas à dire ce que vous devriez faire -enfanter ou pas-, mais qui consiste à réfuter le soit-disant bienfondé d’enfanter sans réfléchir aux conséquences.
Chaque nouvel être humain :
° est le plus souvent éduqué par une culture guerrière (interprétations religieuses ou athées conquérantes, fausses vérités propagées, allégeances à des personnes non fiables, faux sauveteurs en tous genres…).
° va le plus souvent payer des impôts et/ou une redevance à des organisations de malfaiteurs, et ainsi contribuer à un effort de guerre (a minima de coercition, surveillance injuste, d’exécutions et d’iniquité globale) contre un peuple ou contre un individu marginal.
° va lui-même enfanter un ou plusieurs autres êtres humains.
Quelles solutions ?
Celles imposées à autrui sont violences.
Culpabiliser autrui revient aussi à exercer une forme de violence.
A ce sujet : ce qui est fait est fait : ce texte a pour but de faire réfléchir aux choix à venir, pas condamner les actes procréatifs (déjà commis ou à venir). Si tu es déjà parent, ou le deviens, je te suggère seulement de faire au mieux avec ta réalité…
Alors que reste-t-il ?
Vois ce qui est à ta portée, sans stress culpabilisant…
Mettre au monde des enfants non consuméristes ? Pas sûr : tu ne maîtrises pas leur destin, et tant mieux.
Des lois liberticides (imposer un quota d’enfants maximum, ou l’inverse, interdire un mode de vie sans enfants) ? A fuir : les dictatures ne sont jamais saines (cf. la page sur la frustration).
Je crois en l’éducation, non pas en tant que formatage -cela se fait déjà et on voit le résultat !- mais en tant qu’accompagnement protecteur tandis que chacun.e peut apprendre à révéler le meilleur en lui/elle-même.
épilogue personnel
Je m’imagine élever quelques enfants à plein d’adultes (par adoption et/ou par procréation, avec à un ratio maximal de 1 enfant pour 4 adultes afin de participer à la désirée décroissance numéraire).
Cela en développant une communauté éducative plurielle et solidaire, et en rompant avec tout esprit compétitif entre les foyers éducatifs.
Une vie collective épanouie permettrait aussi de prendre soin des plus âgé.es, sans que ça repose sur trop peu de personnes, et sans recourir à la sous-traitance des institutions pour personnes âgées.
Pour le moment, je n’y suis pas parvenu, ni n’en fais pas une obligation de vie. J’agis déjà via mon métier éducatif qui tente de partager quelques clefs de compréhension pour une vie épanouie et pacifique. Cela auprès d’enfants que je croise lors d’ateliers en classe.
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J’ai échoué à vivre sobrement puisque j’ai acquis de nombreux appareils électroniques, j’ai un véhicule à combustible fossile (électrique ce ne serait pas mieux). Mais je les ai choisi le plus durables possibles : quasi jamais d’achat de produits peu fiables. C’est peu, mais c’est déjà ça. Voyons le positif, tant qu’il ne nous dispense pas de voir le reste.
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