M à j : 16 mai 2026
Le pouvoir peut-il être éthique, voire mystique ?

Vivre avec ou sans expérience mystique
Pour qu’émergent la beauté de l’harmonie (en nous, et par la suite dans les systèmes de gouvernances), probablement faut-il avoir ressenti en quoi consiste une vie sans cette harmonie (bienvenue sur la Terre gérée par des humains cupides et inconscients).
Et probablement faut-il aussi, à l’inverse, avoir goûté à une expérience mystique et concrète à la fois, afin d’avoir ressenti quelque chose au delà de la routine de notre flot de pensées.
Cette connexion transcendantale aide à établir de nouveaux choix assumés (et pas seulement d’émettre une opinion intellectuelle. L’opinion, surtout si elle s’appuie sur une grande culture, de longues études, des millions d’adeptes… donne une façade de détermination à ses adeptes, parfois même un mur d’obstination quasi inébranlable. Mais une opinion est renversable par un discours tout aussi faux que le précédent.
Par exemple, on peut se croire quelqu’un dans une démarche éthique, mais avoir une assurance vie. Cette assurance vie est probablement reliée au commerce d’armes, bien que cela ne nous soit pas précisé dans les informations succinctes délivrées aux souscripteurs d’assurance-vie et de livrets d’épargne. L’opinion de notre éthique est alors déracinée de la réalité.
Mais on peut s’être informé.e, résister, militer contre les violences systémiques (notamment financières) de cette société.
Cela jusqu’à épuisement. Ce n’est pas forcément une posture harmonieuse, donc.
Il est probable que pour trouver l’harmonie de notre posture, sa stabilité dans une démarche de sortie progressive de la montagne de mensonges et d’atrocités de notre société, il faille avoir vécu un ou des déclic(s), quelque chose d’intime, qui nous place dans une perspective toute autre de la vie :
une dimension intérieure au delà de la volonté épuisante, au delà du déni complice.
Ce déclic est ce qu’espèrent bon nombre de lecteurs de textes sacrés. Pas pour réussir à améliorer la société, mais pour s’offrir une place au Paradis après la mort, ou un meilleur Karma, ou devenir pote avec Dieu…
Mais lire, écouter un prêtre, se conformer à des usages religieux ou à ceux d’une fraternité sectaire… tout cela reste mental, probablement la plupart du temps (sinon toujours).
Alors comment obtenir ce déclic ?
La question est plutôt : pourquoi le chercher ? Qu’est-ce qu’on fait présentement et qu’on ne voudrait pas faire, qu’est-ce qu’on dénie et qu’on pourrait observer sans juger ici et maintenant ?
D’autres questionnements qui peuvent éventuellement aider à remettre en question nos principes de gouvernance d’une association, d’un territoire…
- En quoi ont consisté les rapports humains dans ma famille : qui a voulu dominer qui, quel rôles ai-je joué −qu’en ai-je retiré (pouvoir, défaite, ressentis variés) ?
- Quelle influence ont eu sur moi les #jeux de #domination de cour de récréation d’école, collège, lycée (séduction, combats pour déterminer les plus forts, travail personnel et/ou cours particuliers pour déterminer les premiers et les derniers de la classe…) ;
en quoi cela a‑t-il modelé ma conception profonde de la société et du rôle de pouvoir et de soumission que j’y joue ?
- Comment les dogmes religieux que l’on m’a inculqués, les morales des parents, des séries télévisées, des romans et des films, ont-elles contribué à façonner ma vision de la vie, et ma place dans celle‑ci ?
- Ai-je conclu que le pouvoir est malsain (en quoi est-ce tantôt vrai, tantôt faux) ?
- Ai-je conclu qu’il existe une juste harmonie possible dans nos rapports humains (à l’instar de ce qui peut s’équilibrer harmonieusement en moi) ?
Cette conclusion est-elle mentale ?
Qu’est-ce que je ressens au fond de moi ?
- Est-ce que j’évolue dans des milieux humains dans lesquels la coopération et la compassion sont des réalités (ou à quelle distance suis-je de ce genre d’endroits, et pourquoi) ?
- Qu’est-ce qui se passe réellement dans mon entourage −abstraction faite de tout ce que je projette et imagine en regardant des médias ou en croyant comprendre ce qui se passe chez autrui ?
- Est-ce que j’ai construit un référentiel culturel et psychique dans lequel il y a des sorties de conflits où tout le monde est gagnant, ou bien dans lesquelles il y a toujours un sauveur davantage méritant ?
- Ai-je préservé ma capacité à regarder dans la direction que je veux, ou est-ce que je crois seulement ce que d’autres ont décidé que je croie ; qu’est‑ce que je choisis avec intégrité ?
Le pouvoir est-il une notion sacrée ?
Ce monde est-il sacré,
existe-t-il quelque chose de sacré plus loin que ce monde,
le sacré est-il une notion à garder dans ma vie ou à dépasser -mais au profit de quoi : qu’est-ce qui va me relier à l’harmonie et non au chaos, si je ne m’appuie pas sur les concepts religieux ?
(plusieurs pistes de réponses dans d’autres pages du site. Toutefois, le but des questions n’est pas d’y placer mes réponses mais d’inciter à être vivant : s’autoriser des moments où on n’est pas figé, où on caresse d’autres perspectives, notamment celles qui étaient enfouies en soi-même).
Du pouvoir à la politique :