#Orgueil
ego-spirituel
humilité
m à j : 8 avril 2026
L’orgueil : l’armure de l’ego

L’orgueil est une une posture de l’ego, lorsque celui ci se sent menacé ou trop limité.
L’orgueil est comme un cache misère : il nous dispense de ressentir ce qu’on interpréterait comme une faiblesse.
Tant qu’on fuit nos parts d’ombres (via drogues, streaming, heures supplémentaires incessantes…), on stagne.
La vanité (de mèche avec l’orgueil) ressemble à une stratégie marketing : une façade qui, si on y croit, peut procurer (un temps limité) un sentiment de puissance. S’en suit souvent une attitude condescendante (l’inverse de l’humilité).
L’orgueil est l’une des réactions susceptibles de nous aider à dépasser certaines limites que nous désapprouvons, mais le prix à payer n’est pas intéressant, le plus souvent. Par exemple, l’orgueil nous pousse :
~ à discriminer celles et ceux que nous estimerions moins valables que nous (1) ;
~ à explorer l’espace (et masquer l’échec à vivre en paix sur Terre. On veut dépasser les bornes terrestres) ;
~ à épuiser l’environnement naturel et les populations, à force de vouloir produire et consommer toujours plus (dépasser les bornes naturelles).
(1) Les discriminations ont souvent le prétexte d’une préservation ou d’une conquête d’un territoire culturel, du maintien ou de l’agrandissement des frontières (lesquelles sont imaginaires, parfois validées juridiquement) ; il s’agit donc de limites (territoriales et culturelles, dans cet exemple).
NB. les limites barrières, cadres, ne sont pas négatifs en soi. Ce qui pose problème est la manière dont on interprète les limites et comment on se croit autorisé à violenter en leur nom.
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Lorsque je me laisse entraîner dans un comportement orgueilleux, c’est souvent après avoir laissé une place prédominante aux préoccupations de mon ego apeuré : ma vision de la vie se réduit à mon nombril, à ma survie.
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L’orgueil est souvent de mauvais conseil* : le repérer peut éviter de se fourvoyer et nous inciter à rééquilibrer l’ego, rouvrir la porte à une conscience de la vie au delà des apparences de notre « moi ».
*Que nous soyons régentés par notre ego spirituel ou par notre orgueil, que ce soit en politique, en spiritualité, ou dans la vie affective, nous nous dorons d’illusions chaque fois que nous écoutons seulement ce que nous avons envie d’entendre.
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L’orgueil peut procurer un pseudo sentiment de cohérence. Il tente de maintenir la croyance que l’on a toujours raison, pour éviter la déception d’avoir précédemment entretenu une croyance fausse, ou vaine (cf. le concept de consistance cognitive, en psychologie). Par exemple, il nous convainc de garder une foi aveugle, un défaitisme matérialiste, ou un métier mal aimé auquel on s’est identifié…
Suggestion : reconnaître qu’un choix a pu être judicieux… à moment donné seulement.
L’orgueil nous invite notamment :
° à croire que nous serions le héros, celui capable de renverser une société vile. Ce n’est qu’un rêve de toute puissance : croire que notre utopie est meilleure que tout ce que les individus nous ayant précédé ont réussi à ériger ;
° au contraire, à croire que nous ferions partie de la meilleure société possible. En effet, des lors que l’orgueil nous dirige, nous avons une image de nous-mêmes surestimée, rendant inconcevable de ne pas être à la meilleure place. Cet orgueil rend terriblement conformiste et conservateur ;
° ou à nous croire si important qu’un Dieu, ou qu’un sauveur humain, agira à notre place. Cet orgueil rend terriblement nonchalant. Toutefois, cet orgueil est parfois difficile à détecter car il est recouvert par une habitude de fausse humilité. C’est-à-dire que notre ego spirituel se glorifie de faire semblant d’être l’humble serviteur de Dieu.
Qu’est-ce que l’ego spirituel ?
C’est le sentiment illusoire d’avoir transcendé notre ego, de se croire relié directement au Divin.
L’ego n’a a priori pas à être chassé de nos existences. Mais si on tente de le faire (pour se croire plus divin), l’ego se défend de nos tentatives de nous en débarrasser en simulant un état de transcendance. #ego-spirituel
https://www.facebook.com/aarondoughty44/videos/1055731292189009

L’humilité à la rescousse ?

Beaucoup de thérapeutes recommandent d’être en paix avec l’existence de l’ego.
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J’ai pu constater que toute agressivité envers une entité, a fortiori une en moi-même, est vouée à créer des remous violents :
Lorsque j’ai tenté de renier ou de blesser mon ego, je me suis senti menacé (par moi-même), et cela n’a servi qu’à diminuer l’estime et la confiance en moi.
/!\ Si notre éducation nous a amenés à croire
d’une part que « l’ego serait mauvais »
et d’autre part « que l’on devrait combattre le mal », alors nous pourrions être à risque de nous agresser nous-même et de provoquer notre dysfonctionnement psychique.
(De la même manière, si nous avons cru que les gens différents seraient le mal, et que nous devrions lutter contre le mal, alors nous nous serions à risque de provoquer des dysfonctionnements sociétaux -au moyen de discriminations, conflits armés, etc.).
- Préférez-vous les stratégies recourant à des exclusions et à des sacrifices, ou les apprentissages qui aident à vivre en harmonie avec chaque aspect (de vous-mêmes, et des autres) ?
- « Être au service », se dire que l’ion sert Dieu, une cause plus grande que soi :
est-ce de l’humilité ou un subterfuge pour faire semblant de délaisser notre orgueil pour, en réalité, l’exercer par le truchement d’une « cause supérieure » ?
Est-ce l’attachement à la notion de mérite, laquelle est fondamentalement condescendante envers les « non méritants » ?
#humilité
Quelques pistes :
(Voici quelques pistes issues, sans distinction, soit de ce que l’on m’a enseigné dans des contextes thérapeutiques, soit que j’ai directement expérimenté par moi-même).
1> Accepter l’existence de nos comportements orgueilleux.
(ne pas faire semblant qu’on serait Bouddha).
2> Apprendre à distinguer l’humilité, la résignation, la séduction, et l’illusion d’être humble.
L’humilité n’a rien à voir avec un masque de fausse modestie ;
La résignation est une forme de dépit pas encore guéri donc pas encore aussi serein et porteur que l’humilité ;
Le manque de confiance en soi peut nous amener à vouloir séduire autrui et pour cela, à revêtir un masque d’humilité ;
Enfin, on peut se mentir à soi-même notamment à partir de notre ego spirituel.
3> Incarner notre potentiel. Réaliser ce qui est juste, plutôt que de discourir avec #vanité ou de s’appuyer sur une #fierté ostentatoire collective du type : « ma culture a réponse à tout ».
4> Accepter l’existence des sentiments dont nous sommes peu fiers, ceux-là même qui étaient masqués par l’orgueil (qui idéalisait l’image de nous-mêmes). Autrement dit, assumer qui nous sommes, l’incarner, s’ancrer.
5> Évaluer chaque échec relationnel, blessure affective, sous l’angle d’un cadeau. Un cadeau inconfortable de prime abord, mais néanmoins utile, car révélateur de nos traits de caractère empreints d’orgueil : ces préjugés, ces raccourcis de pensée, qui nous créaient une image illusoire de nous-mêmes (illusoirement sans faille).
Par exemple, se sentir blessé dans notre fierté parce qu’un groupe de personnes nous rejette, peut nous signifier énormément de choses :
Avions-nous surestimé ces personnes parce qu’on se sous estimais et n’osions pas savourer notre existence sans nous comparer à d’autres ?
Avions-nous misé sur cette relation pour obtenir quelque chose que nous ne pensions pas mériter ?
Nous pensions-nous supérieur à ces personnes, et sommes nous blessé de la perte de cette illusion (on peut aussi y voir le cadeau de révélation de nos conceptualisations erronées de la vie et de ses membres).
Mais le cadeau dont il est question n’est pas le fait de remplacer une croyance erronée par une autre (passer de « je vaux mieux qu’eux », à « ils ne valent rien ») mais d’en profiter pour lâcher nos attachements égotiques (nos jugements).
Lien vers vidéo méditation sur l’humilité