La paix
M à j : 13 avril 2026

(image générée par IA, j’ignore le sens des inscriptions)
Qu’est-ce que la #paix ?
- C’est quand les policiers auront arrêté tous les méchants -pourrait-on se demander, juste après un film policier ou le journal télévisé ?
Non, car les plus grands fauteurs de troubles (guerres, pollution massives, crimes internationaux…) ne sont pas arrêtés par la police, voire leurs activités ne sont même pas nécessairement illégales.
Certains crimes punis et donnés en pâture aux médias ne sont que les arbres qui cachent la forêt.
Et les forces de l’ordre elles-mêmes sont sujettes à de nombreuses controverses (à propos de leur but de maintien d’un système injuste, des dérapages, de la manière dont elles sont utilisées par certains despotes…) NB. Cela n’est pas une conclusion à propos des forces de l’ordre -qui rendent d’innombrables services.
C’est le constat que l’on ne peut attendre que la paix survienne toute seule, simplement en laissant la société dans l’état où elle est. Le fait qu’une institution réduit le nombre de crimes ne suffit pas.
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- Alors c’est quand on aura un tribunal et une police internationaux justes et efficaces ?
Non, car un petit groupe d’individus qui contrôlent le monde, c’est une dictature planétaire.
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En mai 2024, on peut se réjouir que le tribunal international condamne les attaquants de la bande de Gaza (parce qu’il y a une attaque contre les habitants de ce territoire).
Mais pour ce que cela implique quant à la soumission à une autorité : je ne vois pas de quoi se réjouir que quelques humains décident de ce qui est juste (légal ou illégal serait plus précis), à des milliers de kilomètres de chez eux.
Un petit groupe de personnes qui détient un énorme pouvoir est toujours une bombe à retardement :
quand tout se passe comme prévu, c’est un énorme risque confié à quelques humains.
Mais quand on sait que des gens peuvent toujours se tromper, être victime d’intimidations que les médias ne savent pas, voire être corrompus, ça semble absurde de donner beaucoup de pouvoir à qui que ce soit, ici ou ailleurs.
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Alors c’est quand tout le monde aura une morale intériorisée, par exemple qu’on sera tous de la même religion ?
Non car les guerres de religions ont prouvé qu’elles n’apportent pas la paix, et c’est bien une guerre que de tenter de convertir tout le monde.
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- Alors c’est quand on ressentira la paix intérieure qu’elle sera aussi extérieure ?
La paix commence probablement par la paix intérieure :
est-ce que nous nous laissons en paix chaque fois que nous en avons besoin ?
Mais utilise‑t‑on le poncif (d’une paix avant tout intérieure) pour fuir notre part de responsabilité dans la société ?
L’intériorité n’est pas une réponse collective suffisante.
En outre, que veut dire la paix intérieure, concrètement : un ressenti subjectif ?
Est-on tranquille jusqu’à ce qu’une émotion provoque en nous une réaction incontrôlée ?
Confond-on paix et indifférence ?
Est-on émancipé de notre éducation à la guerre ?
- Comment être sûr.e de ce en quoi consiste la paix
(avant de la désirer et d’agir pour elle) ?

sommes-nous dans une culture de paix ?
De toute évidence non, lorsqu’on pense au budget de l’armement, de la surveillance des faits et gestes, des manipulations médiatiques, des guerres….
L’organisation dominante actuelle est une juxtaposition de rôles et de métiers souvent inefficaces à obtenir la paix, notamment car beaucoup sont conçus pour gagner, (économiquement notamment).
Nous avons besoin de trouver une motivation pacifique à nos rôles, métiers, etc.
La science incomplète
A un certain niveau d’observation du corps humain, on constate que notre système immunitaire nous protège d’invasions microbiennes.
Si on fonde notre philosophie de vie sur cette seule observation, on soutient nos penchants guerriers permanents, à l’instar de nos globules blancs.
Mais notre fonctionnement biologique ne se résume pas à la guerre : nous jouissons aussi de fonctionnements #symbiotiques.
En incluant cette autre information, nous comprenons plus facilement que nous avons besoin d’échanges harmonieux avec les autres.
Nous avons besoin de mieux comprendre les écosystèmes ; de trouver un sens aux maladies. Un sens qui ne nourrisse pas une sorte de vengeance anti‑nature.
On peut observer, ressentir la vie (pas se borner à ce qu’on nous a dit que la vie était).
Si on ne ressent rien, pour de nombreuses personnes, une piste sérieuse est de chercher à guérir des traumas qui nous ont figé (pour nous protéger de ressentis pénibles).
L’acte de paix
Je constate que l’on n’est pas toujours mu par des désirs d’obtenir davantage (de paix, de bonheur, d’amitiés, d’argent, de lucidité…).
On souhaite parfois aussi éliminer ce qui nous gêne (des adversaires, des remords, des cultures différentes de la notre, des êtres sur qui on jette l’opprobre, des ombres…).
Lorsque l’on se focalise sur ce dont on ne veut plus, c’est comme si on renonçait à surmonter l’épreuve de paix sous-jacente.
Par exemple, si on désire moins de guerres, par l’éloignement ou par la mort de nos ennemis, ce n’est pas la même chose que de souhaiter réussir à rétablir une relation amicale avec eux.
Obtenir une relation #neutre, sans conflit (éventuellement avec des territoires séparés), peut constituer une étape provisoirement satisfaisante : la tolérance.
La laïcité est une forme de tolérance.
Mais la tolérance ne suffit pas à créer une paix durable, car elle contient l’idée qu’on supporte quelque chose que l’on réprouve.
La paix est au delà de la survie à ce que l’on réprouve.
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Ne pas discriminer ne suffit pas à créer la paix, car la coopération requiert de la confiance, et pas seulement une absence d’hostilités. Et sans coopération, il y a la compétition, voire la guerre.
Par exemple, être contre l’handiphobie est beaucoup plus pacifique que de se moquer des personnes en situation de handicap ;
mais en quoi cela constitue-t-il une aptitude à co-oeuvrer avec tout le monde, y compris les personnes en situation de handicap ?
Par exemple, adhérer à une opinion politicienne qui rejette l’islamophobie, ou encourage le véganisme, est beaucoup plus pacifique que de haïr l’ensemble des Musulman.ne.s et des végans ;
mais en quoi cela constitue-t-il une aptitude à vivre au quotidien avec une personne qui va peut-être nous dire que notre alimentation à base de porc est pêché, ou que nous sommes complices de maltraitance animale dès qu’on mange un œuf ? ;
En quoi a-t-on réellement créé du dialogue et de la paix ?
NB être Musulman ne se résume pas à interdire le porc ; être vegan ou Musulman n’implique pas nécessairement de vouloir contrôler l’alimentation des autres. Mais ça peut arriver.
j’ai pris ces exemples pour attirer l’attention sur l’inutilité de la tolérance de principe, déconnectée de la vie concrète.
On a besoin de savoir co-exister pacifiquement dans le concret de la vie quotidienne, si on veut la paix.
Le film « La crise » de Coline Serreau, illustre bien ce décalage entre le discours tolérant et les actes, et il illustre aussi le décalage entre le discours intolérant et les actes.
La confiance s’acquière après qu’une collaboration, une communication, aient permis de faire bouger nos rigidités intérieures, en gardant notre essence, en lâchant les obstacles culturels qui divisent l’humanité.
Rechercher la paix ne signifie pas vouloir perdre notre identité, mais savoir coexister.
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Bien que coexister soit possible en gardant notre identité, parfois, on s’imagine radicalement différent d’autrui, mais ce n’est pas toujours autant le cas.
Par exemple, on peut accepter les personnes transgenres. Mais est-on si différent d’elles ?
On est tous confrontés au sexisme, et qui peut être sûr de ne pas avoir endossé un rôle sociétal genré -juste pour rentrer dans une case de la société, même inconsciemment ?
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Le refus des discriminations est un pas vers la paix ; mais la pénalisation des discrimination nourrit une machinerie de guerre juridique.
Cf. le chapitre sur la Justice restaurative, et plus largement, sur la communication et la vision en quasi miroir.
Observons notre éventuelle haine et laissons là s’estomper.
Co-œuvrons à aider chacun à pacifier son emploi : à retrouver le sens de travailler non pas pour écraser d’autres entreprises ou personnes, mais pour tisser une société satisfaisante.
- Et si, au cours de notre vie, nous étions de nombreuses fois amené.e.s à choisir de détruire, ou d’évoluer ?
Un but de vie pourrait être de trouver un moyen d’affirmer notre existence, sans agressions : de vivre sans tuer ; d’évoluer sans envahir autrui (ni sur‑peupler la Terre).
Pour cela, probablement avons-nous besoin que nos instincts de survie, le mental, et la sagesse intuitive, cohabitent harmonieusement.
Plusieurs points de vue sur la vie coexistent toujours.
- Notre regard porté sur le monde conclut-il à la complémentarité de chaque approche, ou à leur incompatibilité ?
- Autrement dit : cherche‑t‑on respectivement la paix (la coexistence équitable) ou la destruction (domination insensée) de ce qui est différent de nous ?
- Préférons-nous cultiver le souvenir des maltraitances que nous avons vécues, ou de la bientraitance que nous avons vécue ; ou ne voyons nous aucun clivage (bientraitance / maltraitance) ?
La #fuite
La fuite faisant partie des réactions possibles à ce qui est vécu comme une attaque, et même si nous nous sentons apparemment en paix, nous pouvons regarder si nous aspirons à fuir, en observant nos tentatives d’évasion :
° lorsque nous faisons du tourisme, ou que nous nous intéressons à une œuvre (livre, film, Histoire…) : est-ce surtout pour nous distraire (fuir) ou vraiment par plaisir dans ce que nous faisons ?
° allons-nous dans la nature avant tout pour la rencontre avec elle, ou pour éviter les gens qui ne sont pas à notre convenance ?
C’est parfois pour « fuir » qu’on acquiert une maison entourée d’hectares, se paye des vacances dans des endroits privilégiés, se promène avec un casque audio, s’alcoolise…
NB. Fuir n’est pas un problème en soi : cette réflexion nous invite seulement à discerner une tension guerrière insoupçonnée afin de pouvoir enclencher une résolution du conflit sous-jacent.
#Non-violence ?
On peut s’engager dans des mouvements en faveur de la paix, de l’éducation non‑violente, mais est-ce le cas dans un mouvement, une idéologie, qui cherchent à faire gagner un camp contre un autre, ou qui s’imposent par la force (ou par la ruse), et appellent cela la paix ?
- Est‑on mu par un désir de paix ou de trouver puis de corriger (cruellement) des « fautifs » ?
- Est-ce que l’on s’estime en paix parce que personne ne nous dérange personnellement ?
- Est-on libre de contredire les normes sociales en vigueur ?
- Quelle est notre réaction lorsqu’autrui nous adresse la parole au contraire de nos valeurs ?
Un dicton affirme : « dans la vie, il faut choisir entre avoir raison ou avoir la paix ».
Célébrons la vie ! (Aucune occasion spéciale, aucune victoire guerrière n’est nécessaire pour cela).
(Et sans célébration, il y a un risque de frustration, puis d’agressivité).
Nos envies agressives, ou de domination, peuvent rester dans le cadre de jeux ou de sports sans conséquences dramatiques :
avec un contexte bienveillant dans lequel les limites de chacun.e sont entendues et respectées, et en soignant nos blessures intérieures dans des moments appropriés
(plutôt que de faire mal à autrui dans l’illusion que cela effacerait nos propres douleurs).
Les techniques de « Communication non violente » aident les personnes à communiquer leur empathie (1) (par une méthodologie d’expression). Mais sans empathie, une formalisation de langage reste une simple simulation d’empathie.
La #vengeance est irrationnelle
Parfois, les coups portés, les blessures, les morts, ou au contraire les gestes protecteurs, sont comptabilisés. Mais il est illusoire de croire que l’on établit ainsi la vérité : nous n’avons jamais toutes les données d’une situation, puis ne mémorisons que des bribes, ou recomposons nos souvenirs.
La haine parfois ressentie n’est pas proportionnelle à la longueur de la liste des méfaits, et le désir de vengeance non plus.
Le désir de vengeance est un sentiment échappant à toute comptabilité rationnelle.
Il est une souffrance supplémentaire née de la volonté de nuire à l’auteur.e d’un acte.
Si nous accueillons l’existence de ce désir en nous-mêmes (sans honte ni orgueil vis à vis de ce désir), sans l’alimenter en ressassant nos idées sombres (mais sans refuser de le voir s’il est là), il pourra plus facilement s’estomper.
Interrogeons nos désirs de « redresser les torts ». Parce qu’il est banal de redouter subir ce que l’on aimerait faire subir à autrui.
- Rêvons-nous de corriger de manière exemplaire (voire de tuer) les gens que nous qualifierions de bandit, de méchant ?
Au moment présent, y a‑t-il une menace ? Si la menace n’est pas évidente, pourrais-je l’éclaircir, plutôt que de me baser sur des fantasmes (de culpabilité ou d’innocence, de danger ou de sécurité) ?
Y aurait-il certaines informations que je dénie ou refoule ? Est‑ce la situation qui est effrayante, ou réveille‑t-elle des peurs enfouies en moi ?
Suis-je en communication authentique avec mon intériorité, lorsque je tente de résoudre ce qui me cause une inquiétude ? Comment cela se manifeste‑t-il dans mon corps, dans ma respiration ?
Vais-je réagir, ou vais-je chercher la réalité (sous les apparences) ?
S’il y a une menace extérieure avérée, comment est‑ce que je choisis d’y répondre (éduquer, emprisonner, fuir, détruire, prier, être sur mes gardes… ) ?
Qu’est-ce que je veux propager (donc plus tard récolter) : de l’amour ou de la peur ?
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L’opinion que l’on se fait de l’autre n’est pas la réalité. La perception que cette autre personne a d’elle-même n’est pas non plus nécessairement la réalité.
Quelqu’un qui nous offre un cadeau n’est pas une personne généreuse ;
c’est une personne, dans toute sa complexité (et il se trouve qu’elle nous a apporté quelque chose que nous estimons être un cadeau ; mais pourquoi le percevons-nous ainsi, au fond ?)
Quelqu’un dont les comportements nous mettent mal à l’aise n’est pas une personne irrespectueuse ;
c’est une personne, dans toute sa complexité (et il se trouve qu’elle nous a commis un acte que nous estimons être un manque de respect* ; mais pourquoi le percevons-nous ainsi, au fond ?)
Chaque fois que nous croyons pouvoir résumer l’autre (ou nous-mêmes), nous nous illusionnons**.
Parfois, nous voulons nous accrocher à cette illusion, sous l’influence de la haine, du désir érotique, ou de la peur de perdre un lien affectif.
* « Manquer de respect » est une manière subjective d’interpréter la réalité, quelle que soit l’attitude de l’autre (revendiquer son acte, plaider coupable, trouver une raison valable d’avoir agi de la sorte, implorer le pardon, ou crier son innocence).
C’est vis à vis d’un contexte culturel qu’un acte sera jugé comme un « manque de respect ».
**Désirer tuer par vengeance, sous l’impulsion de la haine, revient à désirer tuer la mémoire d’un personnage (du roman constitué de nos souvenirs partiels et reconstitués).
Lorsque l’on se rend compte que ce dont on voudrait se venger n’est que l’idée que l’on se fait de l’autre : on n’a plus besoin de commettre un acte agressif réel ! On peut se débarrasser de notre rancœur envers ce personnage imaginaire en prenant du recul vis à vis de notre imaginaire.
Cela rejoint une quête de vérité.
En quoi l’autre se comportait comme moi (protéger ses intérêts personnels ou sa culture, se croire le centre du monde, ne pas savoir comment démêler un conflit non violemment) ?
Quel chemin m’a conduit jusqu’au conflit ; comment être juste, dorénavant ?
Video en accès libre sur Internet, sur le thème de a guerre et de la paix :
Howard Zinn – Un mouvement pour la paix (3 guerres saintes – 2009) [VOSTFR]