Envisager un pardon (laïc)

Je comprends le pardon comme l’intention sans équivoque de ne plus entretenir de ressentiment, ni de désir de vengeance, ni de culpabilité ; mais pas seulement…

Après avoir observé différents comportements de ma part, et avoir ressenti quelques uns de leurs effets, que le pardon (tout du moins se mettre en mouvement dans sa direction) se révèle être un acte puissant de libération, que l’on s’offre à soi-même.

On peut diriger le pardon vers la manière dont nous avons nous-mêmes réagi (dans une situation).

Le pardon procure une possibilité de récupérer de l’énergie : celle qui avait été immobilisée dans une accumulation de haine, ou dans une habitude de décerner des torts et des mérites. Cette énergie peut alors spontanément se rediriger vers de la guérison (ou dans de l’aide à autrui).

La rancœur, même inconsciente, ne donne pas d’énergie. Elle fait « crédit » de l’énergie de la « rage » du désespoir, mais elle épuise en retour.

NB. Je reste prudent quant à ma compréhension du processus de pardon : je ne sais pas vraiment où il débute, où il finit, ni qui ou quoi agit (inconsciemment).

Que pardonner ?

Suggestion : pardonner à partir d’un élan nous mettant en joie : pardonner sans nier ce que l’on réprouve : l’orgueil pourrait nous faire sentir supérieur (de savoir pardonner à autrui).

Pardonner sans le désirer, ou sans le pouvoir (en état de guerre intérieure), reviendrait à suivre fanatiquement un dogme. Approuver quelque chose que l’on réprouve pourrait affaiblir l’ego, l’obligeant à pardonner parce qu’il faut, ou parce que c’est bien, sans que cela ne réponde ni à un besoin, ni à une aspiration. L’ego s’inclinerait. Mais les attaques contre notre ego nous desservent.

Nous pardonner notre haine de Dieu ? S’il existe en nous une haine de (ce) Qui a causé notre incarnation sur Terre (selon les croyances de chacun.e), autant la regarder en face (et la lâcher quand on est prêt) que la dénier (ce qui pourrait la transformer en son contraire : une adoration hypocrite).

On ne tourne pas la page d’un conditionnement multi séculaire en une seconde. Cela vaut pour les vieux raisonnements politiciens sécuritaires, l’attente d’un sauveur, mais aussi pour notre machisme, nos blagues douteuses, notre xénophobie en général…
Accuser, haïr, engeôler, amender (autrui ou nous-mêmes) au moindre faux pas, ne crée pas la paix.

Si nous avons une intention de non-violence, sachons nous pardonner les croyances et les actes violents résiduels.

Papa, je te pardonne de t’être peu et mal occupé de moi, à de nombreux moments, et je me pardonne de t’avoir jugé.

Maman, je te pardonne de m’avoir pesé avec ta dépression et tes peurs, et je me pardonne de t’avoir jugée.

Papa, maman, je vous remercie d’avoir été là pour moi.
Je vous pardonne de m’avoir mis au monde dans ce monde, à moi de m’y être incarné, et je nous remercie pour avoir toujours fait de notre mieux.

Je me pardonne d’avoir douté de la vie au point de croire tout et n’importe quoi de culpabilisant que certains adultes, notamment mes enseignant.e.s de catéchèse, m’ont proféré. Je vous le pardonne et me pardonne de vous avoir jugé.

Je me pardonne d’avoir privilégié un sorte de confort matérialiste peu juste et polluant, au détriment de l’aventure qu’est la vie.

Je me pardonne de travailler pour une association subventionnée par l’État et autres collectivités, et par conséquent d’être rémunéré, même indirectement, par l’autoritarisme. Je fais de mon mieux pour équilibrer la balance éthique de mon implication sociétale.

Je me pardonne d’avoir été client et employé de la grande distri, symbole de la concentration horizontale du pouvoir capitaliste destructeur. Je fais de mon mieux pour échanger de manière éthique avec les personnes dont j’ai besoin du talent ou du produit.

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