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Barrage ou désir politique ?

26/06/2024
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Je n’ai pas envie de voter pour faire barrage, mais de bien écouter les informations à ma portée, et de faire société.

Deux affirmations d’une partie de l’extrême droite me paraissent utiles à éclaircir.


NB1 la critique de la droite (ou extrême droite) ne veut pas dire que la gauche est parfaite, je vais aussi la critiquer.
Je commence par deux mensonges de l’extrême droite.

Mensonge 1 : le patriotisme

mensonge 2 : le nazisme.

NB2 Pour ajuster les définitions utilisées ici : je pars de l’idée simplifiée que la politique économique de Macron a été de droite, et capitaliste (cadeaux aux plus riches). Les mesures sociales ont existé mais sont noyées dans le lot de mesures anti-sociales.
Ou encore, que Hollande était centriste (pas de remise en cause du capitalisme, mais adoucissement de celui-ci). Cela précisé pour éviter tout contresens sur les propos qui vont suivre (attendu que certaines personnes voient autrement les latéralisations politiques).

Mensonge 1

L’idée qu’entre Français.e.s on aura un gouvernement plus honnête, plus humain, moins corrompu, est une idée à laquelle je ne crois pas lorsque je regarde divers crimes et corruptions commis à échelle nationale, mais pour la suite, je me prête au jeu de la considérer vraie (qu’on aura peut-être moins de corruption au sein du pays, que dans une instance supra nationale).
Qu’en est-il de l’extrême droite, est-elle patriotique, défend-elle le pays ? Non.
Pas le RN ni Reconquête, du moins. Pourquoi ?
Parce que derrière leur idée simpliste, et diviseuse, de considérer la population selon des critères nationaux voire religieux, il demeure un soutien inébranlable au capital, une absence de solidarité réelle avec le peuple (donner un HLM en priorité à des Français de souche ne résout pas les problèmes de la précarité du logement, de l’urbanisation et des préceptes archaïques qui président à nos choix de vie).

Il n’y a pas de bons milliardaires Français d’un côté, et de mauvais milliardaires étrangers de l’autre côté : le capital n’a pas de frontière.
Tout programme politique encourageant la loi du plus fort aboutit au capitalisme international.
Le programme économique dominant de l’extrême droite est le capitalisme, les faveurs aux grands patrons. Si les grands patrons partaient, on ne perdrait aucune force de travail réelle. S’ils restent, c’est pour leur profit.
NB. Grand patron fait référence ici aux plus riches des plus riches. Les autres patrons et employeurs ne sont pas concernés par cet article.

Le capitalisme conduit à des excès, et engendre la paupérisation du plus grand nombre. (Pourquoi ? Parce que posséder un milliard = posséder 42 000 années de travail = posséder le travail 1139 personnes.
1 000 000 000 / 1829 (coût mensuel employeur su SMIC) = 546746 mois de smic. /12 = 45562. 45562 / 40 années de travail = 1139).
Qui dit ultra riche, dit ultra pauvres.

Un vrai patriotisme consisterait à donner les moyens à tous de vivre dignement, par un travail juste. Économie circulaire, équité, etc. Telle n’est pas l’ambition de l’extrême droite.

Je comprends le besoin d’une partie de la population de se fédérer autour d’une valeur qui semble accessible et simple (être Français.e). Mais il semble que cette envie soit détournée, et j’ai envie de poursuivre cette réflexion bien au delà : trouver ce qui pourrait nous unir dans une forme de paix et de bonheur de vivre en société.

Mensonge 2

Tenter de faire croire que la gauche serait nazie et que l’extrême droite serait pacifique.

Il est vrai que le mouvement d’Hitler s’appelait national socialisme, et qu’il y a eu des mesures sociales au début. Les mensonges (parfois par omission) démarrent ensuite :

Omettre que le FN (antérieur au RN et à Reconquête) comportait des membres nazis en son sein est une forme de déni stratégique. Les nazis ne déportaient pas seulement le peuple Juif, mais aussi le peuple Tsigane, les personnes homosexuelles… Cela tout comme les racistes et LGBTphobes d’aujourd’hui se retrouvent aisément dans l’idéologie populiste d’extrême droite : il n’y a pas une rupture totale.

Il y a aussi un mythe très diviseur dans l’idéologie de la droite classique : « si t as pas beaucoup d’argent, tu n’es rien ». Il y aussi le mythe du travail -sauf que pendant que certains électeurs de droite croient en la valeur travail, la politique de leurs élus est de favoriser l’assistanat des richissimes.
Et il y a aussi un populisme de gauche ; mais il est bâti sur d’autres mythes, notamment celui de l’État sauveur -ce qui est infantilisant, mais au moins, n’est pas xénophobe ni ségrégationniste par l’argent.

Prétendre que la gauche serait nazie est un mensonge. Bien au contraire, dans les camp de déportation nazi, il y avait non seulement des Juifs mais aussi des Communistes. Le programme de la gauche contemporaine est en faveur d’une société multi culturelle, c’est-à-dire l’exact inverse du nazisme.

La gauche peut néanmoins être critiquée sur son manque d’opposition à big pharma, mais cela ne fait pas d’elle spécifiquement une force nazie, car la complicité avec les lobbies industriels, chimiques, et d’armement, est un fléau qui traverse, hélas, toute la classe politique, et même l’opinion publique influencée par des médias, les films de SF, et un programme scolaire scientistes.

La gauche peut être critiquée sur son déni des germes guerriers présents dans certains courants religieux ; mais les camps politiques qui surfent sur la peur de l’Islam sont également dans le déni (sur les religions qu’ils favorisent) et émettent des propositions stériles (le mépris ne solutionne rien, il nourrit les guerres).

C’est mentir par omission que de passer sous silence que l’horreur nazie a été financée par le capital. Hitler n’a pas seulement eu un pouvoir législatif, il a bénéficié de la richesse d’industriels qui ont investi dans sa purge et ses expérimentations médicales affreuses.
Les capitaux provenaient notamment d’industriels qui aujourd’hui sont encore une menace (pour la vie), et qui ont néanmoins pignon sur rue.

Tout parti politique capitaliste (extrême droite, droite classique, gauche molle), et tout parti industrialiste (les capitalistes déjà cités + certains communistes et autres non droitisants), sont potentiellement complices d’un monde dans lequel quelques individus très puissants peuvent mettre en œuvre des purges humaines, saboter la nature, etc.

Les principes fondamentaux sur lesquels nous bâtissons notre société dite moderne (matérialisme scientiste, guerres décomplexées, et crédos mensongers et culpabilisants) sont complètement périmés.

Alors que faire ?

Par conséquent, cher-e-s concitoyen.ne.s qui vous sentez plus réveillés que les autres, les raisons qui pourraient vous amener à ne plus voter à droite ne justifient en aucun cas de voter à l’extrême droite.
Faut-il voter frexit ? Je l’ignore (cf « refus 2 » plus loin dans le texte).
Faut-il voter pour une théocratie ? Certainement pas, vu l’embrigadement résultant des crédos en circulation.
Faut-il voter à droite ? Non, on voit le résultat catastrophique de cela depuis trop d’années.
Faut-il voter à gauche (Front Populaire) ?
Je dirai mon opinion après avoir analysé trois objections fréquentes :


Refus 1 : le refus de voter pour qui que ce soit : le refus de choisir un maître. Très intéressant. Mais pour y parvenir, il ne suffit pas de bouder une élection : la liberté est un art difficile et très intime avant tout. cf. les notions d’ego, de désirs, de maturité affective, de clarté d’intuition, de possibilités réalistes d’être vraiment informé.e et de co-agir en société, de cohérence entre la théorie et la vie quotidienne, etc.)

L’orgueil est mauvais conseiller.
Pour les abstentionnistes : de se croire meilleur que les camarades qui votent et que ceux qui se démènent pour tenter d’organiser valablement la société.
Mais ce n’est pas plus dangereux que l’orgueil opposé : celui de vouloir contrôler autrui et de se croire digne de cela (ce qui conduit au fascisme, aux noblesses, aux théocraties, aux impérialismes, et même à la République).
Nous cliver ne sert à rien, mais retrouver l’humilité peut nous aider à retrouver la clarté de discerner la justesse (ce qui est valable à moment donné, là où on en est).

Refus 2 (de ceux qui croient à la bonne volonté de la gauche, mais pas en son pouvoir) : l’argument est : « sans sortir de l’OTAN, de L’UE… point de salut ». C’est en lien avec le patriotisme suscité.
Le soucis de cet argument, est que la société est fracturée. Divorcer d’avec le supra national ne comporte pas l’idée de le faire pour mieux protéger l’environnement ou pour mieux protéger l’équité entre tous.
Ce sont biens nos gouvernements nationaux qui se sont moqués du référendum constitutionnel européen de 2005
– rejeté par le peuple -,
et qui légalisent les PCB et l’ITER.
On a même des exemples récents (pesticides) où l’UE a été plus protectrice de l’environnement que notre gouvernement national de droite. Donc l’idée simpliste que les élus nationaux seraient meilleurs, n’est pas démontrée.

Refus 3 : (de ceux qui se méfient de la gauche). L’argument est : « la gauche est alléchante mais totalitariste par derrière ». Remarque très intéressante. Mais tous les partis ont le germe totalitariste en eux.
Certes, si on croit que Mao représente la gauche, on ne peut que se méfier de la gauche. Mais dans ce cas, on ne peut que se méfier aussi de l’extrême droite (Pinochet, etc).

Le totalitarisme arrive là où on ne s’y attendait pas. Par exemple, le libéralisme était supposé être un antidote de la version* totalitaire du communisme. C’est l’inverse qui se produit : on n’est pas espionnés par le KGB mais par Google. On subit la vaccination obligatoire sous un gouvernement ultra libéral de droite. Sans argent on perd l’accès à tout (totalitarisme par excellence).
(* il existe un communisme non totalitaire : une organisation équitable de la commune. Il se rapproche de certains concepts anarchistes).

Quant à la LGBTphobie, qui est une forme de totalitarisme, elle ne sévit plus à gauche depuis les années 90, mais elle est présente à droite et surtout à l’extrême droite.

Tout cela m’amène à prendre l’Histoire pour ce qu’elle est : une mine d’informations, mais qui ne doit pas nous empêcher de regarder le contexte contemporain. Ma réponse à ce contexte est la suivante :
élire un chef n’est pas une solution, mais ne pas voter revient à laisser la place aux bulletins des électeurs abreuvés et manipulés par les médias.

La liberté est un chemin arpentable, mais il n’est ni la bouderie électorale, ni le vote :
la liberté n’a rien à voir avec cette élection.
La liberté est un chemin personnel de grande envergure, qui débouche éventuellement sur une liberté collective.
Au contraire, le vote est un outil temporaire biaisé…
Le point commun est que le chemin de liberté et le vote sont des outils puissants. Les deux requièrent mon attention.

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Je vais voter Front populaire, pour plusieurs raisons que je tiens à détailler :

Sur le long terme, comme précédemment exposé, je crois en la solution de s’éveiller vraiment (ne plus croire au récit d’un adversaire pour mieux se ruer dans les pattes d’un autre adversaire).
Nous ne pouvons pas faire l’économie de devenir nous-mêmes vrais (et pas à moitié vrais parce que ça arrange notre orgueil ci ou là), si l’on veut mériter une organisation sociale vraie.

  • Mais pourquoi voter si je ne crois pas au sauveur État ?

Je suis tenté par le non agir (non vote), sauf que je suis consommateur, contribuable, salarié, conducteur automobile, détenteur d’une épargne… donc que mon mode de vie, hélas, nourrit « le système ».
Je ne vois donc pas le non-vote d’une personne intégrée au système comme un authentique non-agir taoïste.
Je reconsidèrerai cela après avoir révolutionné mon mode de vie, car je crois à la force de nos actes cohérents (et par opposition, je ne crois pas à l’impact de nos actes incohérents).
Je travaille à assainir mon mode de vie. (C’est en cours. Je suis déjà heureux de ne quasiment plus acheter d’électricité nucléaire, ni de nourrir les supermarchés. Mais c’est très insuffisant au regard des enjeux sociétaux).

Et pourquoi le Front populaire ?
Parce que le mythe du sauveur est dans tous les partis, et pas seulement à gauche.
Parce que même s’ils ne peuvent atteindre tous leurs objectifs (les capitalistes, les médias, les xénophobes, vont leur mettre des bâtons dans les roues), au moins ils auront porté des messages rassembleurs, favorisé l’éducation populaire et la vie associative.

Le monde est énergie, non ?
Alors l’énergie du rassemblement entre personnes voulant une société équitable, respectueuse de l’environnement, et de son prochain… tout cela est une belle énergie !

Parce que je n’ai pas l’intention d’être sauvé, mais l’intention de faire partie des habitants résolus à œuvrer à résoudre les défis contemporains (là ou le capitalisme se nourrit du défaitisme face aux plus riches, face « au système »).
Cela veut donc dire que dans une certaine mesure, quels que soient nos votes, ou non vote, je crois que l’énergie qui accompagne notre geste, rassembleuse et pacifique ou fataliste et diviseuse, va influencer tous nos actes en société. Cette énergie qui nous anime est à questionner. Ou plutôt à ressentir.

Mais cela ne se limite pas aux bonnes intentions ! le programme du Front populaire est le seul qui tient économiquement la route, contrairement à ce que les médias s’acharnent à faire croire.
Parce que l’amélioration des conditions économiques de tous va relancer une certaine forme de confiance en la société, et que cette confiance est l’inverse du très destructeur fatalisme.

Parce que la gratitude encourage à œuvrer, tandis que la froideur capitaliste encourage à mourir et à entraîner la mort de la vie sur Terre dans notre chute.
(j’ai entendu beaucoup de « je surconsomme et m’en fous, car tout est fichu ». Mais je réfute cette idée : je crois que rien n’est définitivement joué).

Parce que dans le théâtre médiatique pré électoral, quasiment les seuls à parler à peu près vrai sont parmi les candidats du Front populaire. Certes ils n’ont pas réponse à tout, ils ont leurs dénis eux aussi. Mais ils s’accrochent à une forme de clarté intellectuelle, celle là même que les médias et le capital ravagent.
Le capital veut des masses travailleuses incultes pour mieux les dominer.
Entendre quelques vérités rappelées aux heures de grande écoute est un véritable cadeau. Merci les candidats du Front Populaire.

Le Front Populaire est l’outil du moment pour protéger la vie. Rien de moins. Mais l’outil a besoin d’un bras : nos actes quotidiens, notre volonté éclairée, notre capacité aussi à ne pas rechercher l’hyper contrôle (ni par nous-mêmes sur autrui, ni de l’État, ni des capitaux, sur nous).

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