Ce texte est une invitation à réfléchir à une paix durable ; mais je te préviens : il n’est pas confortable, car il va t’inviter sur un terrain bien loin de plusieurs dénis collectifs très ancrés depuis des siècles.
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Notre mode de vie ravage les écosystème (donc condamne les générations futures). Changer de mode de vie n’est pas simple, donc certains proposent de limiter le nombre de naissances. Serait-ce pertinent ?
Je pense tout le contraire : quand la société, notamment l’État, font pression sur les gens quant à ce qu’il devraient faire de leurs corps, c’est toujours violent et insatisfaisant. Or c’est ce qu’il se passe : actuellement les pressions sont énormes.
Exemple en Fédération de Russie il y a non seulement des primes à la natalité, mais une répression des LGBT. Je sais que les LGBT ne sont pas plus stériles que es autres, mais disons que la combinaison de la carotte et du bâton est clairement en faveur des couples hétérosexuels reproductifs et en défaveur des autres formes de vie.
Mais inutile d’aller critiquer les voisins. En France, en écoutant les jeunes s’exprimer -donc répéter ce que le adultes leur apprennent- je remarque trois formes majoritaires de misogynie :
les insultes sur le physique des filles (« trop grosse » par exemple), sur leur genre (« camionneuse », par exemple) et sur leur liberté de vivre sans enfanter : « pute », « salope » sont des insultes répandues, voire des modes de vie (autour de l’art de se définir ainsi -ce qui ne veut pas dire être péripatéticienne).
La libération de ces insultes de « pute, salope » ? c’est être une mère.
« toutes des salopes, sauf ma mère » est une expression humoristique issue de la croyance que les petites filles et les mères sont sacrées, mais les adolescentes et femmes sexuellement libres ne vaudraient rien.
La misogynie ambiante est une injonction à devenir mère, et elle est permanente.
Conscient de cela je surveille mon langage. Mais quand je suis énervé, le lâche facilement un « putain ! ». Comme quoi, la programmation est bien ancrée.
Certaine interprétations religieuses rajoutent du poids : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. » est un texte rédigé quand l’humanité était peu nombreuse sur Terre. De nos jours, on est des milliers de fois plus nombreux, mais certains veulent croire que Dieu nous demande toujours de nous multiplier.
Je rejette pas tout ce qu’une tradition peut véhiculer, mais assurément, j’ai renoncé à croire tout ce qu’on me disait depuis l’âge de dix ans environ (pourtant j’étais dans un collège Jésuite, et on n’attendait pas de moi que je pense trop par moi-même. Ensuite j’ai été dans un lycée public, et rebelote, on ne voulait surtout pas que les élèves pensent trop par eux-mêmes. La philo n’en était pas, c’était de l’apprentissage-récitation de théories juxtaposées.).
Limiter le nombre de naissances, sur un tel terreau culturel, ce serait comme mettre des publicités de smartphones dans chaque rue, chaque domicile, chaque école, chaque film, puis en constatant les pollutions générées par ces appareils électroniques, n’en permettre l’achat que d’un seul durant toute notre vie.
Ces évidences précisées, allons un peu plus loin dans l’analyse ?
Avoir des enfants peut procurer une joie immense. Avoir une voiture aussi.
Bien sûr ce sont deux choses très différentes. Mais elles ont en commun que dans bien des situations, les parents pensent qu’il s’agit de LEUR enfant, et les propriétaire de voiture de LEUR voiture.
J’ai bénéficié d’assez de déconvenues dans la vie pour lâcher l’illusion que j’étais propriétaire de quoi que ce soit sur Terre ; sauf vis à vis de l’administration.
Toutes ces voitures non partagées créent des bouchons, une vie de ouf pour rembourser le crédit auto, une pollution excessive… Même les lois qui empêchent de rouler à la vitesse qu’on aimerait, n’empêchent pas l’automobile de rester un objet de prédilection. Que serait une société où le transport est synonyme de partage, et un abandon des trajets pour des imports inutiles ou des emplois absurdes et loin de chez soi ?
Qu’en est-il des enfants, quel visage aurait une société qui aurait renoncé à les procréer comme s’ils appartenaient aux géniteurs / parents ? Y a-t-il une pollution / population humaine excessive, une vie de ouf pour pouvoir payer le fait d’avoir des enfants ? Des classes d’élèves surchargées ?
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NB. On peut questionner cela
° sans aucun racisme (la Terre est une, on peut s’interroger sans dénigrer un pays ou une culture donnés)
° sans aucune discrimination de classe économique (faire des enfants est transversal. C’est une capacité biologique comme une autre (exemple boire, uriner…).
La question de départ « y a-t-il trop de naissances, ou a-t-on un mode de vie trop pollueur, et trop agressif ? Si oui comment y remédier ? » permet d’en balayer bien d’autres.
Le côté agressif sera abordé plus loin dans le texte.
Le mode de vie trop pollueur, c’est sûr et certain.
Tu en doutes peut-être si tu écoutes la propagande médiatique quotidienne (les pouvoirs en place font comme si le recyclage, une écotaxe, et quelques appareils classe énergétique A+ résolvaient le problème, mais il n’en n’est rien : l’humanité ravage littéralement l’environnement, même si ça se voit peu dans les villes et les villages : parce que c’est caché dans des zones industrielles et d’excavation, parce que les produits toxiques sur les aliments, les textiles, ou sur les fleurs d’ornement, ne se voient pas à l’œil nu, etc).
Les ultra riches ont souvent un mode de vie beaucoup plus dévastateur que les autres, mais cela ne signifie pas que les moins riches respectent l’environnement.
NB il y a déjà quelques rares modes de vie humains sains, dont on pourrait déjà s’inspirer.
Je ne suis pas une référence. Même si j’achète bio, ça reste très loin du compte pour sauver les écosystèmes.
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Peut-on dépolluer significativement notre mode de vie ? Oui.
Mais la transition écologique en vigueur est insuffisante, voire mensongères (cf. la voiture électrique, entre autres).
et il y a divers obstacles à une transition écologique :
° le risque de frustration (si l’on se mettait à se priver contre notre gré). La frustration peut générer de nombreuses violences. (cf. un autre article : comment la frustration peut causer des guerres).
° le risque de mécontentement spirituel (si le changement se fait sans gratitude pour la vie). Le mécontentement peut nuire à la santé (cf. un article dédié à ce sujet).
° le risque d’augmentation de la méfiance, de la délation, et de l’augmentation des impôts et réprimandes qui créent une société non pas exemplaire mais détestable (cf. le crédit social).
° les circuits économiques existants, les lois pénales qui les protègent, sont un obstacle aux améliorations, étant donné que toute notre économie est dépourvue d’éthique profonde : pour le moment encore, on gagne plus à vendre des armes ou des produits polluants qu’à incarner et enseigner la paix. Les normes obligatoires concourent à la gabegie (normes électriques des appartements, normes d’emballage…)
Concernant les lois cf. le propositions politiques un peu plus loin.
Au vu de nos modes de vie, dont chaque adepte de plus ou de moins génère plus ou moins de pollution totale sur Terre, il est logique d’envisager qu’on soit trop nombreux sur Terre : pas comme une affirmation absolue, mais comme réponse à un contexte.
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Mais pour envisager de réduire le nombre de naissances, les mêmes obstacles se profilent :
le risque frustration, mécontentement, le poids économique et législatif. Avec en plus, d’autres freins : les croyances, et le risque de demander à l’État de ce qui ne le regarde pas : décider de nos vies. Voilà pourquoi l’hypothèse de faire comme la Chine ou le Japon n’est pas ce à quoi je pense, en terme de pistes de solutions.
Pourtant le problème du nombre est bien réel.
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Plus on est nombreux, plus il y a besoin de logements et de surfaces cultivables qui réduisent les zones sauvages.
L’extension pavillonnaire (emprise au sol) est néfaste : réduction des surfaces sauvages ou cultivables, et allongement routes et des déplacements en voiture. De rares villas s’entourent d’un jardin en permaculture ou équivalent ; la plupart s’entourent d’une tondeuse a gazon, donc l’extension pavillonnaire se résume à béton + gazon + fleurs toxiques pour les abeilles + barrières infranchissables par les animaux + piscine privée gourmande en eau le cas échéant). Et la bétonisation provoque des coulées de boue là où jadis il y avait un sol absorbeur.
L’extension verticale (constructions d’immeubles, densification des villes) crée un marché de consommateurs coupés de la nature, donc appelle une agriculture intensive, dévastatrice, à l’extérieur des villes. (le bac à compost au pied de l’immeuble, est une avancée, mais ultra insuffisante).
Les néo hippies qui vivent en habitat léger et cultivent des légumes bio sont juridiquement embêtés ; mais la bétonisation qui ravage l’environnement est légale… cherche l’erreur.
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Le quotidien de base est pollueur, à quelques exceptions près (à saluer. Exemple les toilettes sèches, les gens qui marchent au lieu de prendre un véhicule…). Chaque produit alimentaire de base est sur-transporté, sur-emballé, sur pesticidé. On est pas face à un besoin de bien trier les déchets, on est face à un système d’exploitation sociétal ravageur de A à Z.
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Plus on est nombreux sur Terre, avec nos sociétés individualistes et agressives, plus il y a de guerres et defamines. Plus on est nombreux, plus on se perd de vue les uns les autres, plus c’est le marché qui régit nos vies. Un marché qui enrichit les armateurs, les narcotrafiquants, et diverses professions qui n’apportent pas la paix.
La majorité des gens veulent vivre en paix me diras-tu ? Pas si sûr :
Ce n’est pas parce que la plupart des gens sont pacifiques, aiment jouer aux jeux de société, se promener détendus en ville, faire du sport ou regarder la télé, que nos sociétés seraient non violentes. Si on peut se pavaner dans un centre ville agréable (du moins, agréable si on supporte de voir des vitrines commerciales partout), c’est parce que des forces armées interviennent, depuis la protection des frontières, jusqu’au centre ville pour tenter d’écarter les pauvres, en passant par l’étranger pour obtenir des matières premières arrachées ailleurs. On ne vit absolument pas en paix, on vit dans un centre commercial militaire avec des décors et des distractions pour cacher les armes.
Avant que de songer à enfanter, on pourrait se demander :
est-ce que la société dans laquelle j’accueillerai un ou des enfants a un avenir enviable ?
Je suggère de se poser la question après avoir écarté toute vanité culturelle, et pris le temps d’interroger ce que nous mettons quotidiennement dans le déni.
La question est profonde : est-ce que a société dans laquelle je vis s’intègre dans un écosystème ? Est-ce que j’ai des connaissances valables, loin du brouhaha médiatique quotidien, pour y répondre ?
(est-ce que je connais le cycle des matières premières, de l’eau, des déchets. Est-ce que je connais les rapports de force à l’œuvre localement et plus largement ? Est-ce que je connais les lois en place, les systèmes de répression, les stratagèmes d’exploitation du travail humain, la possibilité ou l’absence de démocratie réelle directe, etc ?)
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Dans quel univers (chaos que ma génération n’a pas su résoudre ?) est-ce que j’invite une nouvelle âme ?
Mais si tu as déjà enfanté, nul besoin de culpabiliser de quoi que ce soit. De mon point de vue, tous les adultes de cette planète sont concernés par l’état du monde qu’on leur laisse laisse. Tous, nous sommes concernés, au moins un peu, par ces enfants (et par les autres adultes).
Fait des enfants par gratitude, rempli de satisfaction et de confiance en la vie, pas pour soi, mais parce que leur venue au monde répond à un équilibre de l’écosystème ?
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Les objections
Certains diront qu’on pourrait être dix fois plus sur Terre, en vivant autrement. Ça reste une théorie. Une théorie qui ne se penche pas sur ce qu’il resterait de zones naturelles sauvages, sur ce à quoi ressemblerait le quotidien. Souvent, c’est une théorie qui suppose que le but de chaque humain est d’enfanter, comme l’y invitent certains textes écrits des milliers d’années auparavant -quand l’humanité comptait ses membres en centaines de milliers, et non pas en milliards.
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Si on recherche « natalité » sur Internet on trouve fréquemment l’idée que dans les pays riches il n’y a pas beaucoup de naissance (en France on aurait même atteint le basculement nombre de décès > nombre de naissance), et que dans des pays moins riches, le mode de vie est moins ravageur.
Mais je me méfie des constats par zones : les mouvements de population sont possibles. Les modes de vie peuvent changer rapidement (pour ce qui est d’accéder à la consommation), mais très lent pour y renoncer sans générer de frustration et de guerres. Enfin, on est tous sur le même bateau.
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Vivre comme des sœurs / frères ou s’entretuer ?
Parfois, le fait même d’oser réfléchir à la question de la natalité vaut désapprobation. Par exemple « tu es malthusien, bouhhhh le vilain ».
Mais qui font le plus de mal : ceux qui réfléchissent, ou ceux qui répètent les habitudes chaotiques ?
Réfléchir avant de choisir de procréer ou pas, ce n’est pas tuer. Remettons les choses à leur place : d’après toi, qui assassine des millions et des millions de gens via des guerres ou via la pollution ?
Réponse : nos sociétés, avec leurs principes moraux, leurs chefs, leur économie, etc.
Et cela continuera si on ne change rien.
Voici pourquoi je souhaite aussi me pencher sur la mort engendrée par nos sociétés (pas que sur les naissances). cf. l’article « pourquoi les guerres ».
Piste de solution par l’implication citoyenne personnelle :
Ce n’est pas un modèle désirable que d’étendre à tous le droit de polluer comme le font les multi millionnaires.
Pour tous jouir d’une suffisance matérielle, c’est à nous tous (d’essayer) de faire quelque chose de nos mains, et de créer de l’entraide : se fabriquer mutuellement des objets utiles et durables, et une alimentation saine locale. Le tout, en solidarité directe avec ceux ne pouvant pas créer de leurs mains (maladie, handicap, etc).
Ça me semble mieux qu’une économie de redistribution qui serve à acheter des produits de l’autre bout de la planète, parfois fabriqués par des néo-esclaves.
A court terme, tant qu’on ne sait pas nous-mêmes être directement et efficacement solidaires, les impôts et la redistribution sont un de nos systèmes précieux.
A long terme, l’État social dépend d’une économie féroce : pour prélever des impôts, il faut un système économique rentable. Dans notre économie, la guerre/les armes, la vanité, les soins (physiologiques et psychiques) aliénants, la malbouffe, la destruction environnementale, et la distraction stérile rapportent. Qu’y a-t-il d’éthique à créer des allocations dont l’assiette fiscale est l’un de ces commerces ?
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Piste de solution par le vote (tant qu’on est en République représentative) :
° Ne plus voter pour les partis qui promeuvent une natalité nombreuse.
Ne pas confondre le nécessaire total soutien à la parentalité avec la lubie conquérante d’être une nation/ethnie/religion expansionniste.
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° Ne plus voter pour les partis qui maintiennent tout ce qui légalise les milliardaires et le pouvoir des capitaux, les ventes d’armes, les guerres, les privilèges pollueurs, les esclavagismes ici ou ailleurs au profit de patrons abusifs*.
Jamais tu n’as voté pour ces brigands, me diras-tu ? Pourtant, quand on regarde qui est au deuxième tour des présidentielles, qui gagne un siège de député.e… il apparaît que les électeurs n’ont pas compris à qui ils confiaient les clefs de l’État. En France, et dans de nombreux pays.
(*NB. être patron n’est pas mauvais. Il y a des patrons géniaux et altruistes, nécessaires lors de certaines phases de travail durant lesquelles l’organisation horizontale n’est pas possible. Je ne critique que le comportement de certains).
Le maintien des fondements de notre société est implicitement au programme des partis de droite, d’extrême droite, du centre, et même d’une grande partie de la gauche. Ces fondements, à l’œuvre depuis des décennies, ne sont pas sains, puisqu’ils ont conduit à des niveaux inouïs de pollution de la planète, d’appauvrissement de la majorité des gens.
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° Ne plus voter pour les partis qui maintiennent l’agriculture conventionnelle. Celle-ci sévit notamment depuis le plan économique importé des États-Unis d’Amérique après la deuxième guerre mondiale. Même profil de politiciens que ceux cités juste avant.
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° Ne plus voter pour les partis qui veulent revenir en arrière. Pourquoi ? Parce qu’hier était le terreau d’aujourd’hui. (Par exemple, supposons que tu n’aimes pas la virtualisation de la sexualité contemporaine. Celle-ci est une réaction à des décennies de morales austères non naturelles. Remet une morale dogmatique en place par la force, et tu obtiendras à nouveau une réaction de rejet quelques années après).
Si tu n’aimes pas cette société que peux tu faire d’autre ?
Faire appel à des créatifs bénévoles, à des enfants qui ne regardent pas trop la télé, ou libérer ta propre créativité, plutôt que de confier la politique à des stratèges avides.
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Avant que d’accuser la société capitaliste, les entreprises puissantes, autrui d’une manière générale, on peut commencer par balayer devant notre porte :
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Piste de solution éducative.
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Parfois, on se tue pour un travail dénué de sens éthique, ou on se tue à la guerre, pour le profit de quelques va-t-en guerre de l’ombre, parce que nos vies valent moins que leurs profits. Et cela n’est possible que parce que nous-mêmes avons placé leurs profits au dessus de la valeur de nos vies.
Quand a-t-on fait cela ?
A chaque fois qu’on a éduqué un enfant de la même manière qu’on a été éduqués : à croire au mythe de la propriété (faire semblant de croire que posséder aurait la moindre légitimité naturelle, suite à quoi, les plus hargneux accaparent un maximum de terres, d’entreprises, et de capitaux, et laissent crever les autres, sous la protection de la loi et de la police).
Est-ce naturel de vouloir posséder ?
Naturellement, spontanément, il y a une notion proche de la possession : l’instinct de défense d’un territoire sur lequel on habite. Mais posséder des usines, des esclaves, des actions en bourse… tout cela sort d’un imaginaire.
Le jeu collectif de l’humanité à « c’est moi qui l’ai, et pas toi » est l’une des causes de tous nos maux.
On peut rêver de révolution, mais à quoi bon : tout chambouler pour que d’un chaos naisse un nouveau dictateur absolu ?
La piste de solution à laquelle j’adhère est la méditation jour après jour pour changer lentement mais sûrement, notre regard porté sur le monde en général. Et sur notre rapport à l’appropriation en particulier : apprendre à lâcher les lubies, la sacralisation, nos crispations au sujet de la possession. Ensuite, que se passera-t-il ?
Je ne crois pas qu’on puisse du jour au lendemain être dans un monde absolu dans la générosité.
Et même, ce que je viens d’écrire est dangereux pour les personnes inexpérimentées en politique et en relations humaines, si ça leur fait croire qu’on abandonne tout et que tout ira bien.
Je n’invite pas à cela parce que l’Histoire est jonchée de groupuscules, familles, ou individus dévoués qui ont été massacrés, d’une manière ou d’une autre.
Déjà, au niveau de l’exemple, jusqu’ici, je n’ai pas réussi moi-même à incarner une générosité exceptionnelle ni une sortie du système.
Je préfère rester terre-à-terre, tout en lâchant peu à peu les peurs et les replis stériles auxquelles j’étais habitué depuis tout petit. Le sens de mon chapitre n’est pas de tout lâcher mais déjà de s’autoriser à lâcher le mensonge quotidien. Ensuite de voir venir. De rester équilibré. Pas d’idées perchées sans un corps terre-à-terre. Pas de liberté sans solidarité opérationnelle. Pas de réussite sans cheminement. Pas d’intégrité sans le rythme juste. Etc.
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Problèmes et pistes de solution dans le choix des convictions :
Qui connaît la valeur et/ou le sens réel de la vie ; y en a-t-il vraiment ?
Il est probable qu’on ne sache pas vraiment répondre à cette question, vu que depuis des siècles, l’humain en fabrique ou se rattache à des croyances contradictoires à ce sujet :
° la publicité nous dit quoi consommer pour faire semblant d’être heureux (monétisation de notre frustration, mais en aucun cas une aide à une société apaisée ni en harmonie avec l’écosystème).
° Les interprétations religieuses nous disent quoi faire pour être approuvé par « Dieu » / « un Dieu » (selon le cas, et avec des vocabulaires propres à chaque religion).
Je parle d’interprétations religieuses, et pas des religions. Qu’est-ce qu’une interprétation religieuse ?
C’est une conclusion incertaine, mais présentée comme certaine, souvent tirée d’un texte sacré. C’est une interprétation, parce qu’au cours des siècles, et selon l’endroit, les dogmes ne sont pas les mêmes. Par exemple, au nom de la Bible, on peut lapider son prochain, ou lui ouvrir son cœur, selon qui fait la traduction-interprétation du texte.
Le fanatisme incite souvent à procréer outrancièrement, pour faire gagner « les siens » (même ethnie, même religion, même culture…)
Que faire ?
Que dit ton cœur après que tu te sois relaxé.e, une fois qu’il est apaisé, qu’il a lâché tout désir de vengeance, de conquête, ou toute peur d’aller en enfer si tu n’obéis pas à ce qu’on te dit de faire ?
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Un adage dit qu’il faut choisir entre vouloir la paix ou vouloir avoir raison.
Non seulement je ne suis pas sûr d’avoir raison, mais ce n’est pas mon but.
Je n’ai pas de valeur ou de sens à la vie à proposer.
J’ai déjà bien assez de fil à démêler pour clarifier mon propre chemin de vie.
Quand des amis ou des connaissances me parlent de leur chemin de vie, je constate que l’éveil à la vie prend des formes différentes chez chacun.e. Je ne propose pas de renoncer aux religions : elles apportent certains choses appréciables à certaines personnes.
J’invite à se demander : ici et maintenant, à qui ou à quoi je décide d’attribuer de la valeur et/ou du sens ? Est-ce au détriment de la vie ou de quelqu’un quelque part sur la planète ?
En résumé : a-t-on le choix de nos convictions ?
Oui.
Que l’on soit athée ou religieux, il existe plusieurs courants d’une même religion, plusieurs philosophies athées.
A chacun.e de décider si iel souhaite continuer de nourrir de son attention et/ou de sa dévotion, les courants qui :
° prétendent avoir raison (à un moment ou un autre, ils seront source de guerre).
° se servent de leur aura spirituelle ou philosophique pour inciter à soutenir des régimes politiques tels que décrits au chapitre précédent.
° incitent à accroître sans cesse la population (notamment celle véhiculant cette religion ou doctrine athée).
° demandent une cotisation financière ou du travail dont, au fond, on ne sait pas réellement, ni complètement, à qui et à quoi il profite.
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Piste de solution par le choix de la paix.
Comment ? En évitant de se mettre en guerre (même si c’est pour une bonne cause).
Il est tentant de vouloir trouver et condamner un coupable.
Par exemple, les pollueurs, les surpopulateurs, les impies ou les dogmatisés (selon le point de vue), les riches, les politiciens véreux, les industriels, les financiers, les journalistes menteurs (le plus souvent : menteurs par omission) etc.
Mmmmmm cette jouissance de l’ego (le mien y compris) lorsqu’il a raison, hahaha.
Sans rentrer en conflit avec notre ego, peut-on tenter une attitude sans haine ni importance accordée à tout ce qui nous a conduit aujourd’hui au bord du collapse ?
Condamner serait d’une part vain, d’autre part contre productif :
° vain, parce que les punitions ne touchent jamais que les sous-fifres, jamais le haut d’une pyramide destructrice (certes quelques empereurs, dictateurs ont réussis à être évincés… mais étaient-ils le sommet ou seulement l’interface médiatique du pouvoir ? ;
° vain parce que le sommet d’une pyramide destructrice a été possible par le soutien de tous ceux d’en dessous (et on voit mieux en quoi la prison ou la sentence de mort sont inefficace, dès lors qu’on se rend compte qu’on pourrait tous être accusés de quelque chose. Par exemple qui n’a jamais volé (même un bonbon) ? Qui n’a jamais menti ? Qui n’a jamais cherché à gagner plus d’argent que nécessaire ? Qui n’a jamais voulu imposer son point de vue ? Qui n’a jamais répété des informations erronées ? Qui n’a jamais élu ou soutenu un brigand… ?).
° vain parce que ce qui améliore la société : c’est le dialogue constructif (pas la mort, ni l’isolement en cellule). En ce sens, la Justice restaurative pose des principes intéressants.
° contre productif, parce que le système pénal nourrit le capitalisme* et assoit le pouvoir de quelques uns sur la vie de tous les autres. (et des verdicts populaires n’arrangeraient a priori rien : j’ai déjà assisté à une foule qui s’autoproclame tribunal. C’est un des pires moments de ma vie émotionnelle).
(* cf. la privatisation des institutions pénitentiaires).
° Contre productif, parce que la violence est une escalade qui ne s’arrête que lorsque l’on retrouve nos capacités d’amour, de pardon.
NB l’amour et le pardon n’ont rien à voir avec la naïveté. Bien au contraire :
c’est par naïveté que des foules élisent des dictateurs et laissent une dictature administrative, informatique, et armée, diriger leur vies.
Au contraire, c’est par lucidité que chaque être humain ne participe plus aux jeux de dupes.
° Contre productif, parce qu’en trouvant quelques coupables pour s’abstenir de remettre en question nos modes de pensée, nos manière d’aimer et de haïr… on recommencera quelques années après : tout ce qu’on n’a pas compris se répète. (cf. la parabole de la poutre et de la paille).
Mais la paix n’est pas la passivité. La paix s’apprend, se teste par le jeu (jeux coopératifs, chantiers collectifs bien choisis). Apprentissage à accepter nos parts d’ombres. Etc.
Piste de solution par l’entraide
Changer de société, ça réveille des angoisses et déroute plus d’une personne.
Si on confie cela à des métiers d’aide, pour continuer de rendre la souffrance économiquement rentable, on va rien changer en profondeur. Si on confie ça a des armées, ce sera peut-être même pire qu’avant.
Faire appel à des personnes spécialisées dans de l’aide, c’est néanmoins une bonne idée si c’est hors logique capitaliste ou invasive, parce qu’on a tous des compétences spécifiques.
Si on veut sortir d’une économie de guerre, d’une surpopulation liée au besoin de pas se faire écraser parce que sans enfants on est seul.e et démuni.e, que faire d’après toi ?
Je pense à une société d’entraide dans laquelle on soit apprécié avec nos spécificités, prêt.e.s à aider et à être aidé.e.s ; pour rendre désuet la nécessité de faire SON enfant à SOI pour pas se sentir socialement seul.e.
Mais l’entraide ça se décrète pas.
C’est probablement un élan naturel du cœur. Qu’est-ce qui a fermé nos cœurs ? Voilà là où je cherche pour retrouver ce qui reste de ma compassion après tant d’années dans la culture dominante de mon pays. Une culture dans laquelle à la fois on gagne de l’argent et de la notoriété en faisant du mal à autrui, et une culture dans laquelle les sauveurs sont glorifiés. J’ai moi-même joué au sauveur, et peut-être même que le seul fait de faire ce texte, cette vidéo, est la preuve que je ne suis pas guéri.
Pour pouvoir glorifier un sauveur, encore faut-il créer une victime soumise à son héros.
Et si on démarrait simplement par lâcher les discours en touts genres sur le mérite ?
Si l’étape suivante était simplement d’incarner ce qui semble demeurer vrai au fond de nous ?
Ceux qui nous vivent sur le dos du mythe du sauveur institutionnel font bon ménage :
les États vendeurs d’armes et prometteurs de guerres exaltent la dépendance des populations à l’État
les ultra riches* professent l’idée qu’on dépend du capital pour vivre, pour créer l’entreprise de ses rêves, et que sinon on est esclave (leur esclave).
Les organisations théologiques de pouvoir exaltent la dépendance spirituelle envers eux ; mais cela ne signifie pas s’épanouir spirituellement.
(*ne pas confondre les ultras riches avec les gens un peu plus riches que la moyenne),
Et toi, quelles inspirations te viennent ?
Piste de solution par le repérage et évitement des pièges classiques,
Dans d’autres articles (et auprès d autres auteur), des réflexion autour de ce qu’on peut attendre, ou pas d’autrui. Triangle de Karpman (attente désespérée de sauveurs, créer des bourreaux et des victimes). Comment méditer, etc.
Ne pas juger les gens qui procréent.
Ni les sanctifier (sauveurs), ni le leur reprocher (bourreaux).
Pourquoi ?
Sanctifier est stérile vu qu’on est en surnombre.
Reprocher génère des résistances et des mal-être (qui peuvent à leur tour conduire à une réaction inappropriée).
Reprocher ou sanctifier sont deux postures qui placent celui qui juge au dessus d’autrui. Mais nous sommes une humanité. Il n’y a personne au dessus d’un autre.
Et surtout, seules l’ignorance et l’arrogance en sortiraient vainqueurs.
On ne sait pas ce qui motive un homme et une femme à procréer. Qui peut juger de leur appel intérieur à le faire ?
Mais a contrario, on peut lister un grand nombre de facteurs culturels qui incitent à procréer :
° le sexisme ordinaire et l’éducation machiste laisse croire qu’il serait de bon ton de dénigrer les femmes -sauf quand elles deviennent mères (point déjà mentionné plus haut).
Cela m’incite en aucun cas à juger les mères, mais à éduquer à un respect absolu d’autrui. Si on cherche un peu plus sur ce thème, on se rend compte que souvent, les courants politiques qui veulent donner des primes à la procréation sont aussi ceux qui encouragent le machisme, les ventes d’armes, les pesticides : un peu comme s’ils étaient pilotés par un joueur de jeu vidéo qui s’amuse à multiplier les humains pour mieux les décaniller dans une guerre ensuite.
° la sacralisation des familles. Je ne suis pas en train de dire du mal des familles. Chaque système d’organisation sociale a des avantages et des inconvénients : famille, tribu, ou individualisme : il y a du pour et du contre. La famille ne met pas à l’abri de l’individualisme, la tribu ne met pas à l’abri de l’isolement, l’individualisme est trop souvent une brèche en faveur du capitalisme marchand.
Il y a des familles aimantes et dévouées.
La famille c’est ok ; mais le fait de sacraliser la famille évite de questionner ce qui pourrait l’être. Par exemple, la pression d’un entourage qui demande « quand est-ce que tu me fera enfin des petits enfants » ?
Sans la sacralisation de la famille et des liens du sang, il serait plus facile de se rendre compte que des enfants, il y en a partout sur la planète. Qu’on peut faire un métier en rapport avec l’enfance, qu’on peut imaginer une société où on n’est pas obligé de procréer soi-même pour jouir d’une vie multigénérationnelle.
Piste de solution par la culture de ce qui nous émancipe.
s’ouvrir à notre conscience. Loin de promouvoir des coachs autoproclamés, des sagesses proclamés, on peut trouver, avec un peu de discernement, de multiples ouvrages contemporains ou multi millénaires, qui peuvent aider à nous émanciper d’une vision étriquée, matérialiste, égocentrique de la vie. Au profit de quoi ? D’une conscience intuitive, juste, apaisée.
Piste de solution par l’amour des enfants
« Les enfants sont merveilleux ».
Je ne sais pas si c’est vrai, mais je veux partir de ce point de vue a priori.
Cet article n’est pas contre les enfants, ni contre l’égoïsme des parents qui font des enfants pour en profiter, mais plutôt un article contre les abus en tous genre.
Les abus et incestes en famille pourraient faire l’objet d’un article entier. Ils sont une raison de plus de ne pas sacraliser la famille mais d’oser la questionner (ce qui ne veut pas dire la jeter).
En fait, on croit que la famille repliée sur elle-même est la base qui construit notre société, mais je vois plutôt un repli sur soi qui annihile toute société :
il y a tellement d’enfants déjà nés, malmenés en ce moment même, que mettre au monde ses propres enfants (en ignorants ceux déjà là et non pourvus d’amour et de liberté) est un acte d’indifférence envers ces derniers.
L’indifférence est l’inverse de l’amour (dans un schéma où la haine est l’opposé de l’amour et également l’inverse de l’ #indifférence).
La croyance que les enfants que nous enfantons sont tout, et les autres enfants rien, est l’une des bases d’une société divisée et occupée à des affrontements permanents.
Le concept de famille égocentrique ne me semble pas approprié à la paix. Mais il y a d’autres manières de faire famille, de faire tribu, de faire solidarité.
Synthèse :
le modèle éducatif exhorte à faire des enfants, à laisser ceux des autres crever la bouche ouverte, à dénigrer les femmes sauf quand elles sont mères.
On a une société tellement industrielle et guerrière, que plus on procrée, plus on agrandit notre tombe (en l’état de notre mode de vie).
Au lieu de mettre au monde des enfants dans la continuité d’un amour profond de la vie et d’une intégration harmonieuse dans l’écosystème, certaines personnes procréent par dépit, parce que la société rend infernale la vie des adultes sans enfants (modèle familial qui prive d’intergénérationnalité, misogynie tant qu’on est pas mère, absence de culture d’entraide hors couple, morales austères périmées) ; qui a envie de perpétuer ces fardeaux culturels ?
L’estime de soi de la population est très basse (à ne pas confondre avec le narcissisme et la vanité). De ce fait, on surconsomme, on surpollue, on s’entretue dans des guerres, on adopte des dogmes inadaptées à la paix.
Les prédicateurs de mensonges et de guerres jouissent d’une auréole morale et légale, donc pour sortir de notre impasse, nous avons besoin de retrouver notre salubrité d’esprit, notre conscience immaculée de tout mensonge (que le mensonge soit récent, ou multi centenaire).
Soyons créatifs pour créer une société où il fait bon vivre avec tout le monde, ceux de notre sang et les autres. Entraidons nous. Agissons avec gentillesse universelle avant que d’inviter d’autres âmes à s’incarner.
Sur la base d’une joie naturelle retrouvée, ne nourrissons plus les industries et l’économie de la mort. Pas d’affront, mais un délaissement du précédent millénaire guerrier et de sa soif d’accumulation (d’argent, de ressources, d’esclaves, de gloire…).
Qui est tenté.e par une quête de conscience (pas pour avoir raison mais pour se sentir vivant) ?
o0o
Épilogue : le monde désirable existe déjà, en partie.
Merci à ceux qui ont cultivé et proposé des légumes bio locaux (sans médire sur les agriculteurs qui n’ont pas encore abandonné leurs pesticides pollueurs).
Merci à ceux qui ont parlé vrai, su écouter vraiment (sans rentrer en guerre pour autant avec tous les médias et gens menteurs,volontairement ou à leur insu).
Merci à tous ceux qui n’ont pas fait d’enfants* (sans critiquer ceux qui en ont fait).
Merci à tous ceux qui ont peu consommé de produits et incarné une existence vivante, non robotisée (sans médire sur leurs frères et sœurs consuméristes).
Merci à ceux qui ont incarné une joie communicative, à tous ceux qui ont aidé leur prochain gratuitement ou à prix libre.
(* merci contextuel au problèmes démographiques en cours. Un jour viendra où il sera logique de procréer à nouveau)
Merci à la vie, et même aux problématiques à résoudre -qui nous rendent vivants, à leur manière.